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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)46

Sur la côte atlantique, l'habitat humain ne peut dépasser 350 à 450 mètres à cause de l'exposition aux vents et aux alizés pluvieux. Par contre, sur la côte caraïbe on retrouve des exploitations agricoles jusqu'à 600 ou 700 mètres à l'abri des vents et sur un sol plus sec. Ce sont ainsi les régions humides qui forment une ligne sur les hauteurs entre Sainte-Marie et St-Joseph, de même que les régions d'altitude les plus humides des massifs du Sud entre Vauclin, St-Esprit, Rivière-Pilote qui abritent la petite propriété de moins de 3 ha, la moyenne propriété de 10 à 50 ha montrant une plus forte concentration sur le versant caraïbe et sur les terres sèches du Sud.

En conclusion, la structure foncière actuelle de la Martinique est caractérisée par la prédominance d'une classe de petites propriétés agricoles (moins de 3 ha) qui regroupent 85% de l'ensemble des exploitants mais n'exploite que 17,7 % de la superficie agricole, de même que le développement rapide de cette micro-propriété qui couvre actuellement presque le double de la surface qu'elle couvrait en 1935. L'originalité de cette structure foncière réside dans l'absence des latifundias de plusieurs milliers d'hectares très répandus dans l'Amérique des plantations et en Guadeloupe et dans la multiplicité des "habitations" de quelques centaines d'hectares.

À la Guadeloupe la situation diffère quelque peu. En résumé, avant l'application de la réforme foncière (1961) on estimait le nombre de petits propriétaires agricoles à environ 16.000 soit 96% du nombre de propriétaires qui détiennent 30.000 ha soit 30% du territoire agricole. Ils cultivent une superficie moyenne légèrement inférieure à 2 ha. Si l'on compare ces données avec celles disponibles pour la Martinique à la même époque, où 5.715 petits propriétaires (moins de 10 ha) cultivaient 11.400 ha soit 14,4% du territoire agraire avec aussi une superficie moyenne de 2 ha (Lasserre, 1967 : 111), on en déduit que la petite propriété est plus importante en Guadeloupe qu'en Martinique, les petits propriétaires y étant trois fois plus nombreux pour une population totale semblable et contrôlant 30% des terres contre seulement 15% en Martinique (Lasserre, 1967 : 111).

Dans cette analyse de la structure foncière, il faut aussi considérer que les exploitations agricoles ne sont pas toujours d'un seul tenant mais que le plus souvent elles sont constituées de 2, 3 ou 4 parcelles souvent séparées les unes

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