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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)47

des autres par plus d'un kilomètre. Le recensement agricole nous apprend que les propriétés de moins de 0,50 ha sont constituées de 1,16 îlot d'exploitations, celles de 0,5 à 3 ha de 1,59 îlot , celles de 3 à 10 ha de 2,01 îlots. Le nombre moyen de parcelles redescend à 1,74 pour les exploitations de 20 à 50 ha, puis 1,36 pour celles de 50 à 100 ha et finalement à 1,57 pour les exploitations de plus de 100 ha (voir Recensement général de l'Agriculture, 1973-74 : 81).

Voilà la situation de la structure foncière telle que dépeinte par le recensement agricole. Toutefois l'analyse faite par Mme Frenette (1978 : 94-100) des quartiers ruraux environnants du Morne-des-Esses à la Martinique indique qu'une distinction importante doit être faite entre structure foncière formelle telle que dégagée en tenant compte uniquement du rapport entre les propriétaires juridiques de terres et la surface possédée et la structure foncière réelle analysée en fonction du phénomène courant de l'indivision où "une partie des terres est indivise, c'est-à-dire que la propriété est utilisée ou exploitée par plusieurs unités domestiques alors que le titre de propriété demeure enregistré au nom d'un seul individu, souvent mort, mais parfois vivant également" (Frenette, 1978 : 97). Ainsi Mme Frenette dans son analyse a-t-elle tenu compte non plus du nombre de propriétaires mais du nombre de maisons, en supposant que chaque maisonnée utilise ou a le droit d'utiliser une fraction de la propriété ce qui réduit la surface réelle disponible pour chacun des occupants. En plus, dit-elle "j'ai dû ajouter aussi 59 propriétaires qui n'ont aucune maison, soit qu'ils vivent avec des parents soit qu'ils ne vivent pas au Morne-des-Esses. Les résultats (...) que j'ai appelés 'structure agraire réelle' n'ont pas une valeur absolue, mais une valeur d'indice se trouvant toutefois plus près de la réalité donc plus valables que ceux de la structure agraire formelle" (idem, 97).

Elle observe que "le nombre d'occupants des propriétés passe de 452 à 790, ce qui représente une augmentation de 74,7%. Alors que la surface moyenne de terre par propriétaire était de 77 ares dans le premier cas, chaque maisonnée ne dispose plus dans le second cas que de 65 ares. On constate ensuite que le phénomène ne touche pas toutes les classes au même degré. Il ne touche pas les paysans aisés (5 à 9,9 ha) ni les agriculteurs capitalistes (10 ha et plus) par exemple. Les paysans moyens enregistrent une baisse de 49,1% pour se retrouver au nombre de 30. On retrouve maintenant 91 semi propriétaires au lieu de 97 soit une diminution de 6%. Par contre les prolétaires domiciliés se multiplient par deux : 660 au lieu de

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