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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)48

287, soit une augmentation de 129,9%.

La répartition de la terre diffère passablement. La surface totale occupée par les prolétaires domiciliés passe de 48 à 99 ha, soit une augmentation d'environ 83% ... On retrouve donc maintenant 83,5% des maisonnées dans la classe des prolétaires domiciliés au lieu de 63,5 % antérieurement. Ils se partagent 28% de la surface totale. Les semi-prolétaires forment maintenant 11,5% des maisonnées à comparer avec 21,9% auparavant, et se partagent 17,4% des terres. En somme, 95% des gens qui habitent la campagne du Morne-des-Esses ne possèdent pas suffisamment de terres pour en vivre, i.e. au moins un hectare et occupent 45,6% du sol" (Idem : 99).

Le morcellement des terres présente également un visage bien différent. Avec 429 parcelles, les prolétaires domiciliés ne disposent même plus d'une parcelle par occupant ; ils doivent la partager avec quelqu'un d'autre, n'ayant en moyenne que 0,6 parcelle d'environ 23 ares. On remarque que cette surface moyenne est supérieure à celle qui avait été calculée dans le premier tableau soit 14 ares. C'est que les propriétés indivises, ainsi que les parcelles dont elles sont constituées sont en général beaucoup plus grandes que les propriétés individuelles, qui ont été souvent divisées avec les générations" (Frenette, 1978 : 100).

Cette étude faite sur le terrain par Mme Frenette suppose donc que le territoire agraire de la Martinique est beaucoup plus morcelé que ne le montrent les données officielles sur la structure foncière. Dans la mesure où l'indivision devient un phénomène fréquent, vu l'étroitesse de plus en plus marquante des terres à hériter, on peut en déduire que le mouvement de prolétarisation des paysans antillais est plus important que ne le suppose le recensement agricole 1973-1974. En fait, si l'on reporte les ajustements faits à la structure foncière réelle du Morne-des-Esses sur les données fournies pour l'ensemble de la Martinique (voir le tableau 5), le nombre réel de prolétaires domiciliés (moins de 0,5 ha) devrait être approximativement du double de celui fourni par les données officielles soit de 93,8% (23.378) au lieu de 46,9% (11.689) pendant que le nombre de propriétaires de 1 à 4 ha baisserait de près de 50%. L'étude qui sera faite dans ce travail des problèmes actuels de la petite exploitation agricole devra tenir compte de ce regard superficiel mais combien révélateur sur le morcellement des terres agricoles.

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