X hits on this document

395 views

0 shares

0 downloads

0 comments

51 / 158

Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)51

La surface agricole consacrée aux cultures d'exportation a sensiblement diminué depuis 1960 comme nous le montre le tableau 7, passant de 22.650 hectares en 1960 et 17.100 ha en 1972. La canne à sucre est ici la cause principale de ce recul, accusant à elle seule, en 12 ans, un recul de 6.900 ha. En Guadeloupe la situation est différente. La canne à sucre couvre en fait 26.538 ha en 1972 contre seulement 7.100 ha pour la Martinique montrant ainsi une plus grande résistance à la déstructuration. La banane toutefois connaît moins de succès auprès des exploitants agricoles, grands ou petits, la Guadeloupe ne cultivant que 6,693 ha de ce produit agricole d'exportation contre 9.300 ha à la Martinique. L'ananas pour sa part est inexistant à la Guadeloupe (R.G.A., 1972, Guadeloupe).

Les véritables problèmes pour la canne à sucre aux Antilles françaises débutèrent à la fin du 19ème siècle, période pendant laquelle le marché international devint saturé, la production mondiale excédant de loin la consommation. Le sucre de betterave des betteraviers métropolitains ne fut d'ailleurs pas le seul responsable de cette crise qui prend ses racines dans l'arrivée dans la compétition, de pays extérieurs à la sphère d'influence française comme l'Inde, Cuba, Porto Rico, etc. Ces derniers disposant de terres vierges et fertiles et d'une technologie modernisée firent une compétition sévère aux vieilles plantations des colonies anglaises et françaises des Antilles. La situation se dégradant au début du 20ième siècle, la France n'eut d'autres solutions que d'élever graduellement ses barrières tarifaires jusqu'à en arriver en 1919 à interdire totalement l'importation de sucre étranger.

Sur le marché national en crise, la pression des betteraviers métropolitains se fit sentir de plus en plus fortement et conduisit le gouvernement français à limiter les importations d'Outre-Mer. Cependant, en détruisant la capacité de production en métropole, la guerre de 1914-1918 retarda la solution du conflit. En plus, pour satisfaire les besoins de guerre, la production d'alcool fut encouragée dans les îles. Mais la paix revint et la surproduction en résultat très vite. La France a décidé de contingenter la production de rhum sur les territoires d'Outre-Mer en 1922. La production de sucre fut elle-même limitée dès 1932-1933. "Désormais les exportations des produits de la canne, principales productions de l'île, étaient protégées et limitées par ces mesures qui définissaient les quantités à produire chaque année et fixaient le prix auquel ces quantités devaient être écoulées. En dehors du contingentement, les quantités seraient écoulées aux

Document info
Document views395
Page views395
Page last viewedWed Dec 07 10:41:07 UTC 2016
Pages158
Paragraphs2790
Words49284

Comments