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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)52

risques du producteur" (Crusol, 1973 : 13). L'application de cette politique de contingentement fut la consécration de la dépendance des Antilles françaises aux besoins de la métropole. Plus tard cette situation de dépendance se verra compliquée par l'intégration de la France au Marché Commun Européen et aux institutions commerciales internationales.

Après une autre relance de la production sucrière à l'époque de la seconde guerre mondiale, l'agriculture martiniquaise dut, encore une fois, solutionner un problème de surproduction. Le repli sur d'autres types de cultures d'exportation devint la seule solution face à la crise sucrière du début des années 50, aggravée par la reconstruction rapide de l'agriculture métropolitaine au lendemain de la guerre. "Substituant un produit d'exportation à un autre, comme elle l'avait fait au 17ème siècle avec le tabac et la canne puis au 18ième siècle avec la canne et le café, elle (la plantocratie martiniquaise), se lança dans la banane dont les premiers essais d'exportation dataient des années 30, puis dans les années 50, elle entreprit la production de l'ananas" (Crusol, 1973 : 15).

"La production prit un rapide essor. En ce qui concerne la banane, elle passa de moins de 50.000 tonnes au début des années 50 à 177.000 tonnes en 1965 et de moins de 5.000 tonnes dans les années 50 à 13.000 tonnes en 1965, en ce qui concerne l'ananas en conserve" (Crusol, idem : 15).

Cette réorientation de l'agriculture vers la banane et l'ananas s'explique du fait qu'entre 1954 et 1965 le prix du sucre a augmenté de 28,27 % et celui de la tonne de canne de 24,33 % tandis que les charges salariales (qui interviennent pour environ 70% dans les coûts de production) enregistraient une hausse de 132,1 % (Jourdain, 1973 : 71). Tandis que se poursuivait l'expansion de la production de la canne au cours des années 50, accentuant ainsi la pression sur le marché, les coûts de production de leur côté ne cessaient de croître.

Si à la fin des années 50 et au début des années 60 on a pu observer à la Martinique une reconversion des planteurs de canne en planteurs de banane, reconversion qui a su contrebalancer les effets de la crise sucrière, on assiste quand même, à partir des années 60, à une réduction absolue de la superficie agricole cultivée (voir tableau 7), les superficies consacrées à la banane se stabilisant à 8 ou 9.000 hectares.

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