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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)54

On y observe qu'en 1935, 6,2 % des propriétés cultivées en canne ont plus de 100 ha et qu'elles cultivaient 71,9 % des surfaces totales plantées en canne, pendant qu'en 1973, 0,9 % seulement des exploitations avaient plus de 100 ha et contrôlaient tout de même 60,5 % des surfaces cultivées en canne. On observe donc un accroissement de la grandeur moyenne des surfaces consacrées à cette culture sur les grandes propriétés. En fait en 1935, 142 habitations de plus de 100 ha d'une superficie totale moyenne de 234 ha cultivaient 71 ha chacune en moyenne en canne (Kervégant, l935) pendant qu'en 1973, 36 habitations d'une superficie moyenne totale de 215 ha cultivaient 129 ha chacune en moyenne en canne (Recensement général 1973-74).

Mais globalement, ce sont les exploitations entre 3 et 10 ha qui semblent avoir récupéré une grande partie des surfaces cultivées en canne. Ces dernières ont planté en 1973 20,9 % de toutes les surfaces plantées en canne contre seulement 3,9 % en 1935. Aussi bien que moins intéressante pour un nombre croissant d'exploitants de moins de 3 ha, cette dernière culture n'en couvre pas moins près du double (9,7% en 1973 contre 5% en 1935) de la surface totale utilisée par cette classe de propriété. Ces données révèleraient un agrandissement des superficies moyennes consacrées à la canne à l'intérieur de la classe des moins de 3 ha et probablement un rejet de cette culture d'exportation par les propriétaires de moins de 1 ha.

En fait, ceci correspond à la politique des usines qui préfèrent broyer les cannes des colons partiaires pour réduire leurs investissements en bien foncier de même que leur charge salariale, n'ayant plus à se préoccuper des conditions de travail et de salaire des travailleurs agricoles autres que les salariés de l'usine elle-même.

J.F. Ferré (1976 : 9) fait remarquer que "les petits planteurs fournissent environ 10 à 11% de la production totale de cannes, dont les deux tiers à destination des usines ; ainsi en 1958, ils représentent 7,60% du poids total de cannes livrées aux usines avec 1.448 planteurs mais à la même époque la Guadeloupe compte 23.000 petits colons et la Réunion près de 17.000". On constate que le colonat partiaire est faible à la Martinique par rapport à ces deux autres départements français d'Outre-Mer, bien que leur nombre absolu ait augmenté. L'un des éléments d'explication de l'importance du nombre de colons partiaires à la Guadeloupe pourrait être trouvé dans la désorganisation ancienne

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