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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)71

On doit conclure de l'évolution des cultures vivrières et maraîchères à la Martinique depuis 1935, qu'il s'est produit un abandon progressif des cultures traditionnelles (gros légumes) de consommation locale et que ce recul fut compensé plus par le développement des cultures fourragères et de l'élevage que par la production de nouveaux produits maraîchers, qui ont fait d'ailleurs l'objet d'une demande croissante de la part des consommateurs. Il en résulta un accroissement important des importations qui laisse planer des doutes sur l'existence d'une véritable politique d'auto-suffisance au niveau agricole.

En fait pendant que le morcellement des parcelles (accéléré par la loi sur les successions qui a agi comme une véritable machine à hacher le sol), rendait impraticable un travail agricole à plein temps suffisamment rentable pour faire vivre une maisonnée, les coûts de production (salaires, charges sociales, engrais, outillage, etc.) devenaient trop élevés pour motiver une réorientation de la propriété de 3 à 20 ha vers la culture de nouveaux produits. Ainsi soit que le poids de la tradition (à moins que ce ne soit les pressions des usines) poussent l'exploitant agricole vers les cultures traditionnelles d'exportation (banane, canne) soit que ce dernier choisisse la solution qui l'affranchira du travail sur les plantations, l'élevage bovin, qui peut se faire de pair avec un emploi salarié, requérant un investissement en temps de loin inférieur au travail de jardinage. Telles sont les deux voies majeures empruntées par le petit paysannat martiniquais.

Cette situation s'explique en bonne partie par la nature de la structure foncière à l'intérieur de laquelle une majorité des exploitants agricoles tentent de vivre des profits qu'ils tirent de l'exploitation de 0,5 à 3 ha de terre. Or il est clair que pour retirer un profit net suffisant pour assurer la subsistance d'une maisonnée sur une exploitation de moins de 3 ha, le producteur doit hausser ses prix de vente au-dessus de ceux des producteurs compétiteurs disposant de plusieurs dizaines, voire de centaines d'hectares en Europe ou ailleurs. La hausse vertigineuse des prix des produits agricoles locaux est donc liée à l'effort d'un petit paysannat pour vivre sur des terres plusieurs fois plus petites que les terres des producteurs/exportateurs qui inondent le marché martiniquais de leurs produits. Cette hausse des prix (il est possible de voir les produits se vendre de 10

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