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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)72

à 50% plus cher dans les marchés martiniquais que les produits importés dans les "grandes surfaces") contribue à augmenter la consommation des produits importés et à réduire la demande en produits locaux. Devant les problèmes d'écoulement de leur production les petits exploitants en sont réduits à ne compter sur l'agriculture qu'en tant que revenu instable d'appoint. "Si nous ne pouvons obtenir un prix raisonnable pour nos produits nous cesserons de produire" disent les paysans. Cette attitude, commandée par des contingences économiques, n'en contribue pas moins à confiner l'agriculture dans le cercle vicieux : augmentation des prix - baisse de la consommation de produits locaux - réduction des superficies cultivées en vivrières et maraîchères - augmentation des prix des produits importés et locaux. A long terme, et s’il n'est pas brisé, ce cercle vicieux conduira à une prise de contrôle total du marché antillais par les producteurs de la France métropolitaine et du Marché commun européen, qui dès lors face a une agriculture antillaise moribonde pourront contrôler les prix à la consommation.

Il faut souligner ici le rôle de trois groupes de pression qui trouvent un intérêt certain dans l'affaissement de la production vivrière et maraîchère antillaise : le groupe des commerçants régissant le commerce d'import-export, les compagnies de transport maritime et aérien et les producteurs métropolitains. Ceci nous rappelle le rôle prédominant joué par ces trois groupes dans l'évolution chaotique des cultures d'exportation (le sucre en particulier) et souligne le caractère néo-colonial de l'économie actuelle des Antilles françaises, qui est toujours contrôlée par une bourgeoisie marchande urbaine au niveau local et par les intermédiaires métropolitains au niveau "national".

2.5. ÉVOLUTION DU TRAVAIL AGRICOLE EN MARTINIQUE

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Les données fournies par les recensements de la population nous montrent que le secteur primaire n'est plus depuis 1954 tout au moins, le principal secteur d'activité de l'économie martiniquaise (voir tableau 17).

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