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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)75

Cette tendance devait s'accroître entre 1967 et 1976 où plusieurs usines et distilleries fermèrent leur portes. Des 17 usines à sucre et 160 distilleries fonctionnant en Martinique en 1935, il ne restait plus cinq usines et 23 distilleries en 1970. Les données non encore publiées du recensement général de la population effectué en 1974 montreront certainement une dégradation encore plus marquée du salariat agricole dans la mesure où il ne subsistait plus que deux usines à sucre en 1976. En Guadeloupe "12,216 personnes ont été salariées de la canne en 1960 (6,307 salariés agricoles, 5,909 salariés industriels) ; elles n'étaient plus que 5,862 en 1968 : 3,891 salariés agricoles et 1971 salariés industriels. En huit ans, la diminution globale de l'emploi salarié dans la canne et les industries dérivées a été de 48% (Lasserre, 1972, p. 552).

La subsistance de bon nombre de petits paysans reposant sur le travail salarié de l'usine pendant la saison sèche, plusieurs de ces petits agriculteurs ont été contraints soit :

1)à rechercher un autre travail salarié d'appoint. Ceci implique la plupart du temps l'abandon total de la parcelle trop étroite pour faire vivre la maisonnée et la migration vers les banlieues de Fort-de-France dont certaines parties prennent l'allure de bidonvilles, dans les premières années de leur constitution tout au moins (Voir Rapport de Pierre Bouliane sur Volga plage, 1976). Dans la plupart des cas, cette migration rurale/urbaine est irréversible et débouche sur l'émigration

2)à exploiter au maximum une parcelle qu'ils ne cultivaient qu'en partie. Cette solution s'offrait aux propriétaires de plus de 3 ha. et implique souvent le recours au travail salarié.

3)à prendre une ou plusieurs autres parcelles en fermage ou en colonage pour compléter les revenus tirés d'une propriété trop étroite.

4)à demeurer sur une micropropriété qui ne fournit que l'essentiel à la consommation domestique et à vivre de grapillage en accumulant les revenus de multiples travaux temporaires.

Les quelque 20,000 salariés agricoles (chiffre approximatif conservateur) qui ont perdu leur emploi saisonnier permanent ou à temps partiel en 1954 et

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