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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)76

1978 ont dû opter pour l'une ou l'autre de ces solutions. Cependant le fait que le recensement agricole de 1973-74 reconnaisse l'existence de 6,635 exploitants agricoles à temps plein et 18,298 exploitants à temps partiel montre que le petit paysannat n'est pas disparu avec la déstructuration de l'agriculture d'exportation mais qu'il a su trouver une nouvelle source de revenu complémentaire. L'extension de la sécurité sociale en 1970 aux exploitants agricoles mettant en valeur 2 hectares pondérés selon des coefficients spécifiques par type de culture a su rendre disponible pour une bonne partie des petits exploitants ce qui deviendra leur principale source de revenus d'appoint.

Dans leurs enquêtes respectives Jutras (1976 p.109), Laberge 1976 p.62) et Mineau (1976 p.13) ont tous souligné le rôle majeur que jouent les revenus tirés de l'aide sociale dans le budget du petit paysan antillais. "Le paysan s'adresse désormais à l'État non pas pour un revenu d'appoint mais dans bien des cas pour l'essentiel de son revenu annuel, et ce qui était autrefois son occupation principale n'est plus qu'une activité accessoire réduite au rang de jardinage" Mineau,(1976 p-13). Les pensions de vieillesse, revenus de l'assurance maladie et d'invalidité, allocations familiales etc. remplacent les revenus tirés du travail saisonnier sur les plantations. Jeanine Gauthier-Laluque dans son étude détaillée des budgets de la petite paysannerie du quartier de l'Habitué en Capesterre de Guadeloupe remarque que dans les budgets de trois foyers type étudiés, la Sécurité et les Aides sociales représentant un montant de 3,447F soit 33.4% des revenus du foyer B (petit cultivateur et ouvrier agricole occasionnel), 3,647F soit 39.5% des revenus du foyer A (petit cultivateur et ouvrier agricole régulier) et 4,624F soit 53.1% des revenus du foyer C (petit cultivateur et salarié des chantiers de chômage). (1971 p.94). Une étude menée par l'INSEE sur les revenus des ménages en Martinique en 1972 déterminait à 20% la part des revenus sociaux des exploitants agricoles et à 18.2% celle des ouvriers agricoles. Le décalage entre ces données et celles fournies par Jeannine Gauthier-Laluque s'explique par la sous-évaluation des revenus non sociaux, inhérente à toute enquête officielle.

À Marie-Galante, 62% des exploitants agricoles indépendants reçoivent une pension de vieillesse (Jutras, p.109) contre 38% pour les exploitants du Morne-Vert à la Martinique (Mineau, 1976 p.33) et 65% des agriculteurs du Vauclin interrogés par Laberge reçoivent une aide gouvernementale substantielle (1976 p. 62). L'extension du régime d'aide sociale aux agriculteurs est toutefois

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