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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)77

récente, ce secteur ayant été couvert long temps après les secteurs industriels et la fonction publique. Pour Mme Mineau, cette extension à même trop tardé et "les conséquences de ce retard se feront lourdement sentir au niveau du développement de la petite agriculture qui perdra pour ainsi dire deux générations de main-d'oeuvre agricole au profit des chantiers et autres métiers couverts par la sécurité sociale" (Mineau, 1976 p.13).

Cette extension de la sécurité sociale aux petits exploitants agricoles a donc ainsi contribué directement à la reproduction de la main-d'oeuvre paysanne requise pour le fonctionnement des usines, habitations et sociétés anonymes encore actives dans la production sucrière, bananière ou d'ananas, en permettant la survie d'une classe paysanne disponible et "libre". Les paiements sociaux ou paiements de transferts peuvent être considérés à la limite comme des primes accordées aux usines et habitations par le biais de l'abaissement du coût de reproduction de la main-d'oeuvre soumise réellement (salariés agricoles) ou formellement (producteurs indépendants) aux besoins en force de travail de ces dernières.

Mais le morcellement progressif des terres atteint un niveau tellement élevé dans certaines zones de micropropriété que les microfundistes ne peuvent avoir accès aux revenus de la sécurité sociale (d'ailleurs les primes qu'ils devraient payer sont trop élevées pour leurs moyens) et se transforment en prolétaires domiciliés. Ainsi ce n'est pas la seule déstructuration du système de plantation qui a influé sur l'évolution de la petite paysannerie mais aussi et surtout le morcellement des terres résultant de la pression démographique dans les zones rurales.

Le recensement agricole 73-74 (Martinique) indique que 6,721 salariés agricoles permanents travaillent soit a temps plein (43%) soit à temps partiel (57%) et que 12,973 travailleurs saisonniers ont travaillé en 1973 une moyenne de 54.7 jours dans l'année. Toutefois, des 710,123 jours travail qui ont été faits par des travailleurs saisonniers en 1973, 62% seulement étaient travaillés par 4,965 salariés sur des exploitations de plus de 50 ha. Si l'on tient compte du fait que seulement 2,166 salariés agricoles permanents étaient employés à temps plein par les plantations de plus de 50 ha, on peut avancer que ces plantations embauchaient 74% des salariés agricoles dont 45% toutefois étaient des salariés permanents à temps partiel et des saisonniers (Source Rec. Agri. 73-74). Ainsi la

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