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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)78

grande plantation ne peut plus être considérée comme la seule pourvoyeuse de salaires agricoles, la petite et moyenne exploitation ayant de plus en plus recours au travail salarié. À la Guadeloupe on trouvait en 1972, 5,902 salariés permanents travaillant soit à temps plein (65%) soit à temps partiel (35%) pendant que 20,052 travailleurs saisonniers travaillaient une moyenne de 60,7 jours dans l'année (R.G.A. Guadeloupe). Cette utilisation plus intensive de la main-d'oeuvre salariée par l'agriculture guadeloupéenne s'explique par la survivance d'une industrie sucrière plus importante. D'ailleurs 92% des jours de travail remplis par la main-d'oeuvre occasionnelle en Guadeloupe furent travaillés dans la canne. "En 1949, souligne Mme Frenette, Eugène Revert affirmait qu'il était très rare de voir des cultivateurs faire appel à des salariés, utilisant largement les "coups de mains". Aujourd'hui c'est courant, au moins pour une certaine cat6gorie d'exploitants, catégorie qui tend d'ailleurs à s'élargir. Les femmes, par exemple, qui constituent à la Martinique, selon le recensement, 19% à 22% des chefs d'exploitations sur les exploitations de moins de 3 ha, s'occupent très souvent du potager mais ne touchent pas elles-mêmes aux gros légumes. On trouve plusieurs gens âgés qui ne pourraient pas non plus remettre le coup de main. Même chez les hommes adultes en bonne santé, puisque l'agriculture n'est qu'une occupation secondaire à laquelle on consacre relativement peu de temps, on préférera payer un homme pour une journée ou deux plut8t que d'être obligé d'aller travailler dans le champ voisin. Il faut dire que l'exploitation voisine n'est pas nécessairement de la même taille ou pratiquant la même culture. La différenciation de la paysannerie freine nécessairement la coopération dans le travail." (1978 p. 115).

Au niveau du travail du chef d'exploitation on constate à partir du tableau présenté par Mme Frenette (tableau no.19) que les chefs d'exploitation ne travaillent en général qu'à temps partiel sur les parcelles. Notons ici que les recenseurs ont considéré comme étant à temps plein, les agriculteurs travaillant 300 jours par année. L'unité de mesure de la quantité de travail utilisée dans le recensement et dénommée P.A.T. (personne-année-travail) représente donc 300 jours de travail par an par travailleur.

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