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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)80

Voyons de plus près l'organisation du travail chez les diverses classes d'exploitations. Mme Frenette après l'analyse de ce tableau remarque que chez ceux qui ont moins de o.5 ha par exemple on trouve une proportion de 11.8% qui travaillent à temps plein sur leur parcelle contre 88.2% à temps partiel. Chez les exploitants de 0.5 à 3 ha, on trouve que 64.8% qui travaillent à plein temps comme agriculteurs et 25.2% à temps partiel et cette proportion devient de 55%/45% pour les exploitants de 3 à 10 ha. La proportion de travailleurs à plein temps continue de baisser dans la classe des 10 à 20 ha avec un rapport de 42.9% à plein temps et 57.1% à temps partiel, de même que dans la classe de 20 à 50 ha ou la proportion devient de 30.3%/69.7%,pour remonter à 34.3% dans la classe de propriété de 50 à 100 ha et redescendre à 19.7%/81.3% dans la classe des 100 ha et plus (Frenette 1978 p. 53-55). Ces chiffres remettent en question l'hypothèse qui fait de l'étroitesse des exploitations la cause fondamentale du sous-emploi dans la petite exploitation agricole aux Antilles françaises.

En fait,, on observe le phénomène paradoxal d'un rejet du travail agricole à plein temps, rejet qui prend de plus en plus d'importance au fur et à mesure que croît la superficie de l'exploitation. Les causes de cet abandon progressif de l'agriculture par les exploitants martiniquais ne peut toutefois pas être analysée en bloc, dans la mesure où chaque classe de propriété subit l'influence de facteurs spécifiques. Ainsi les contrecoups de la crise des cultures d'exportation, influent d'une façon plus déterminante sur les exploitations de plus de 50 ha que sur les exploitations de moins de 3 ha pour lesquelles l'étroitesse des surfaces cultivables demeure un problème important. Les exploitations de 3 à 50 ha de leur côté ne pouvant être exploitées sans un recours au salariat agricole et se trouvant aux prises avec les problèmes de commercialisation, de crédit agricole etc., connaissent aussi leur part de problèmes.

Le morcellement des exploitations agricoles ne constitue donc que l'un des facteurs qui influent sur l'évolution actuelle de l'agriculture et n'explique pas à lui seul, l'abandon du travail agricole comme activité principale chez les moyens et grands propriétaires.

Pourtant, malgré le taux relativement faible d'exploitants travaillant à temps plein sur leurs exploitations, un nombre important de ces chefs d'exploitations n'ont aucune activité extérieure. On en compte 44% sur les exploitations de moins

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