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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)85

les comportements effectifs des acteurs sociaux dans cette sphère, tels qu'ils expriment les contraintes objectives au sein desquelles ils s'engendrent et qu'ils contribuent à perpétuer ou à infléchir" (Idem ; 224), ce rapport au travail n'est qu"'une manifestation des rapports sociaux de production dont le travailleur est le support, et de sa place dans ces rapports". (Idem ; 224).

En réalité donc, l'attachement actuel de l'Antillais au travail agricole dit de subsistance, sa propension à accumuler les petits "Jobs", son confinement "complaisant" dans une économie de grapillage et de là son manque d'initiative économique doivent être expliqués par des causes reliées aux conditions actuelles de la production dont l’une est ce que Giraud et Jamard appellent le blocage de l'investissement industriel (et que nous qualifierons de passage à un système néo-colonial de consommation). Or pour expliquer ce blocage du développement du secteur manufacturier et industriel au dépens d'une hypertrophie du tertiaire, il ne faut recourir ni aux survivances africaines, ni à l'héritage culturel colonial, "ni aux seuls effets des spécificités géographiques (insularité, distance de la Métropole) ou écologique (absence de ressources naturelles) (mais) au processus de reproduction sociale qui perpétue la domination locale des classes dont le pouvoir économique s'est historiquement fondé sur la possession de la terre et des usines sucrières, processus situé dans la dépendance du mouvement d'extension du capitalisme français (voire international)" (Giraud et Jamard ; idem 235-36).

Les résultats tirés de l'analyse du travail agricole faite dans cette section nous permettent de suivre ces auteurs lorsqu'ils disent que "le bas niveau de rémunération, une économie déterminée par les impératifs économiques et politiques de la métropole et sans réelle cohérence au niveau local induisent la difficulté pour le travailleur d'intégrer son activité professionnelle salariée dans un projet de promotion personnelle et le conduisent à des comportements qui paraissent incompatibles avec une rationalité de type industriel. Cela détermine en revanche son insertion dans un réseau d'activités marginales, de "petits métiers" dont l'ensemble constitue une véritable structure économique parallèle, non comptabilisable, difficilement identifiable de l'extérieur, caractéristique de nombreuses sociétés situées à la périphérie du système capitaliste dominant et qu’on a pu appeler le "secteur tertiaire primitif", le "secteur informel" ou le "circuit inférieur" (1978 ; p. 236-37).

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