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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)91

Reste qu'entre 26.4% et 30.1% des petites exploitations agricoles ne sont pas exploitées en faire valoir direct, ce qui laisse beaucoup de parcelles disponibles pour la mise en valeur indirecte. Or ces parcelles ne parviennent plus majoritairement de lots mis en disponibilité par les grandes plantations ou les usines, mais il parviennent de plus en plus des exploitations agricoles petites et moyennes délaissées par leur(s) propriétaire(s) qui ne s'y consacre(nt) qu'à temps partiel. Comme l'explique Mme Frenette, chez les paysans "le colonat et la location accompagnent le vieillissement de la population. En effet, de plus en plus de vieux afferment ou louent leurs terres lorsqu'ils sont trop vieux pour cultiver et que leurs enfants ne veulent pas s'occuper de la terre.

Au lieu de vendre et déshériter leurs enfants, ils la prêtent à un paysan sans terre contre une rente, en nature ou en argent. Lorsque les enfants voudront s'installer sur la propriété, les paysans seront expulsés et la propriété divisée plus ou moins formellement et bâtie. Le colonat et la location sont donc de plus en plus un moyen de l'occupation des terres entre le moment où le propriétaire n'est plus capable d'en assurer physiquement l'exploitation, et le moment où ses enfants transformeront la propriété en résidence campagnarde, i.e. le moment de la déstructuration finale de l'agriculture" (Frenette, 1978, p. 111-112)

Le désintérêt croissant des jeunes face au travail agricole, réduit les possibilités de recours au faire valoir indirect et contribue à accroître le nombre de parcelles qui d'exploitations agricoles passent au rang de propriétés rurales. Cette évolution générale de l'agriculture constitue la trame de fond du mouvement de prolétarisation des masses paysannes qui se regroupent en une nouvelle classe de prolétaires domiciliés.

Un point doit être soulevé ici toutefois en terminant. Ce type de classification des terres et de leurs exploitants en fonction du mode de faire-valoir, bien qu'opérationnel et très utile, ne doit pas masquer une réalité fondamentale qui est celle de la soumission de tous les exploitants agricoles(indépendants, métayers ou fermiers) à la sphère proprement capitaliste de l'agriculture. De même que la soumission du secteur agricole tout entier aux impératifs des autres secteurs économiques et principalement ceux du commerce intérieur des biens de consommation importés et de l'intégration des fonds publics métropolitains

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