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Le Mexico de Frida et Diego | Louise Bilodeau, collaboration spéciale | mexique

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Publié le 01 septembre 2010 à 14h23 | Mis à jour le 01 septembre 2010 à 14h23

Le Mexico de Frida et Diego

Louise Bilodeau, collaboration spéciale Le Soleil

Réputée coupe-gorge dans les années 90, voici Mexico propulsée au rang des plus intéressantes destinations culturelles. Une fois les monuments du Centro historico rafraîchis et la sécurité dans les quartiers touristiques améliorée, il a suffi, pour attirer à nouveau les touristes dans la folle mégalopole, d'un coup de baguette magique : la sortie en 2002 du film Frida.

Le film de Julie Taymor raconte la vie de la peintre Frida Kahlo, née en 1907, et de ses amours tumultueuses avec le célèbre muraliste et coureur notoire, Diego Rivera, de vingt ans son aîné. Du coup, Frida est élevée au rang d'icône et Mexico, théâtre de leur passion, remise au goût du jour.

Il faut dire que la plus ancienne capitale du Nouveau Monde a ses atouts : pas moins de 140 musées, dont une dizaine présentent des oeuvres des deux artistes mexicains. De plus, cette année, une foule d'événements culturels soulignent à travers le pays le centenaire de la révolution et le bicentenaire de l'indépendance.

Circuit Kahlo-Rivera

Les trajineras sillonnent les canaux des jardins flottants de Xochimilco, site inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco.

Collaboration spéciale, Louise Bilodeau

En abordant un circuit Frida-Diego par le Secretaria de Educacion publica et le Palacio National, on s'initie aux plus belles fresques de Rivera, en même temps qu'à l'histoire et aux traditions du pays. Le tout autour de patios inondés de soleil, ce qui ne gâte rien.

Les fresques joyeuses et colorées du Patio de las Fiestas illustrent les fêtes traditionnelles, substantifique moelle du Mexique. Ne manquez pas les panneaux Jour des morts, dans lequel la foule en liesse boit du pulque et achète des crânes en sucre, et L'incendie des Judas, montrant ces gigantesques mannequins en papier mâché, bourrés de pétards et représentant des personnalités publiques. Dans ce pays où les squelettes jouent les mariachis, toute fête, même celle d'un martyre, tourne au carnaval. N'hésitez pas à vous mêler aux cortèges, à la suite du judas, de la fanfare et des danseurs traditionnels que vous croiserez avec un peu de chance. À Oaxaca, je suis tombée sur trois défilés le même jour.

Et Frida? Les «fridamaniaques» la reconnaîtront à ses fameux sourcils qui se rejoignent au-dessus de son nez, sur le panneau Frida, en chemisier rouge, distribuant des armes, dans la Cour du travail. Rivera, comme tous les muralistes, nourrissait des idéaux communistes dans un Mexique remué par la révolution.

Le Palacio National

On se dirige ensuite vers le Zocalo, grande place et coeur de Mexico, où est situé le Palacio National, construit en 1523 sur les ruines du palais de l'empereur aztèque Moctezuma. Autour du patio agrémenté d'une fontaine, les fresques de Rivera racontent l'histoire du pays, de la période aztèque, en passant par la conquête espagnole, jusqu'aux Mexique d'après la révolution. Les rebelles légendaires, Pancho Villa et Zapata, se cachent quelque part; amusez-vous à les trouver! Frida, au centre d'un des plus beaux panneaux, Tenochitlan la grande, porte la robe indienne, un vêtement indissociable de sa personnalité.

Frida puisait dans l'art populaire, une part de son inspiration. S'il fallait un prétexte pour inscrire le Museo de Arte popular au circuit, il est trouvé. Superbement restauré, ce merveilleux musée se situe au sud de l'Alameda, un agréable parc à l'européenne. Une salle est consacrée à la mort, version mexicaine. Ici, les squelettes jouent de la trompette, font des acrobaties en scooter, ou mangent des melons d'eau dans une variante de La dernière cène, arrosée de tequila. La collection d'alebrijes, des animaux fantastiques en bois ou en papier mâché, relève du grand art. Ces bêtes extraordinaires colorent tous les mercados du pays.

La Casa azul

Réservez le samedi, jour du grand marché d'artisanat, à la visite des colonias de Coyoacan et San Angel, voisines. Des quartiers charmants avec leurs places animées, leurs petits restos, et leurs maisons de couleurs vives, datant du début de la colonie. D'un bleu cobalt éblouissant, la Casa Azul abrite aujourd'hui le Museo Frida Kahlo. C'est dans cette maison, au 10 de la rue Londres, que Frida a vu le jour, vécu avec Diego et rendu l'âme. Dans la cour intérieure aménagée avec la pierre volcanique locale, s'épanouit un jardin de cactus et de lys calla, une fleur qui abonde dans l'oeuvre des deux peintres. Dans une telle oasis, s'attarder à la terrasse du café est un must. Le musée présente entre autres des photos, des dessins de Frida, de magnifiques judas; aussi des objets d'art précolombien dont certains représentent des chiens sans poil, de la race Xoloitzcuintle, «la seule présente en Amérique avant l'arrivée des conquistadores», précise Marylu Leoner de Cervantes, ma guide incollable côté culture.

Considérés comme un trésor national, rien de moins, ces chiens nus sont omniprésents dans les oeuvres de Kahlo et Rivera. Comme dans le superbe Autoportrato con changuito de Frida, exposé au Museo Dolores Olmedo, une ancienne hacienda située à Xochimilco, au sud de la ville. On y présente la plus grande collection de tableaux des deux artistes, dont 26 Kahlo. Son double autoportrait, Las dos Fridas, un peu La Joconde de Mexico tant il attire les foules, se trouve au Museo de Arte Moderno du Bosque de Chapultepec.

Promenade en barque

Dans le film, on peut voir Frida et Diego (Salma Hayek et Alfred Molina), en lune de miel sur une barque fleurie des jardins flottants de Xochimilco. Ce lieu surréaliste, aménagé par les Aztèques et inscrit au patrimoine mondial de l'humanité, vaut qu'on y consacre son dimanche, jour où les Mexicains s'y retrouvent en famille. Des centaines de barques follement décorées sillonnent les canaux entre les îlots de fleurs. On chante, on boit de la tequila, on mange du maïs, on croise de temps à autre une trajinera à bord de laquelle joue un orchestre de mariachis. Un spectacle exubérant et coloré, à l'image du Mexique en fête.

Cette année marquerait le centième anniversaire de la plus célèbre peintre des Amériques, si un historien futé n'avait découvert qu'elle était en fait née en 1907. Frida s'était rajeunie de trois ans pour coller au début de la révolution mexicaine, lancée en 1910 et dont on fête le centenaire cette année. Si la «fridamania» vous emporte, passez trinquer à la santé de l'artiste. Vous choisirez de préférence les bières Zapata ou Pancho Villa, spécialement brassées pour l'occasion. Frida en serait ravie. Viva Zapata y viva Frida!

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