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COCA-COCAÏNE

Cette série d’article pour objectif de mettre en évidence un paradoxe. D’un côté, la cocaïne tue près de 30.000 personnes aux Etats Unis. Ceux-ci pensent avoir trouvé la solution en adoptant une tactique ferme d’éradication des plantations de coca en terre étrangère. D’autre part, des paysans bolivien continuent à se battre pour préserver la culture de cette plante qui fait partie de leur patrimoine culturel et constitue leur gagne-pain. La répression qui est menée et surtout l’absence d’alternatives offertes aux paysans boliviens porte les germes d’une situation qui pourrait devenir difficilement maîtrisable

Quelques dates importantes :

Des traces retrouvées en Amérique latine tendent à prouver que la coca, plante sacrée, est présente depuis 3 000 av. JC. De nombreuses cultures ont utilisé cette planter sacrée du sud de Panama jusqu'au nord de l'Argentine et du Chili, en passant par la Bolivie et le Pérou. Les peuples indiens de la Cordillère qui la mastiquent depuis plus de 4000 ans la considèrent comme un don du dieu soleil.

Sous l'Empire inca, l'administration développa fortement la culture du cocaïer, la coca devenant un tribut économique et politique. L'organisation économique de l'Empire inca tournait autour de l'échange et de la réciprocité. Chaque région, en fonction de son altitude et de son sol, était chargée de telle ou telle production. L'Etat inca centralisait cette production et organisait la redistribution. Les habitants de la côte produisaient le poisson ; ceux des vallées la coca ; ceux des montagnes, les lamas, et ils échangeaient leurs productions.

Mais les prophètes prédisaient également que l’homme blanc trouverait le moyen de corrompre leur “plante petite mais forte” : “Si ton oppresseur arrive du nord, le conquérant blanc, le chercheur d’or, dès qu’il la touchera, il ne trouvera que poison pour son corps et folie pour son esprit.” Ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’est que le retour de bâton serait aussi grave.

La venue des conquistadores ne fit que renforcer la dynamique de production : l´usage de la plante fut d´abord condamnée par le premier Conseil Eclésiastique de Lima de 1551, étant donné son rôle magico-religieux. Mais, vu le développement de l'exploitation des mines d'argent de Potosi, le roi Philippe II d'Espagne, conscient que la coca permettait un meilleur rendement du travail, la déclara indispensable au "bien-être" des Indiens. C'est seulement grâce à la coca que le peuple andin parvint à supporter l'infernal travail dans les mines, de plus l'impôt sur la production de cette plante alimenta les caisses de la Couronne.

En 1630 Potosi  nerf du royaume d´Espagne était  aussi la plus grande du monde (elle comptait alors quatre fois plus d´habitants que Paris). La production et la commercialisation du " Talisman du Diable" , aux mains des Espagnols, se substita a l’or comme valeur d´échange.

A l´Indépendance la Bolivie récupéra le contrôle de la production de coca.

Au 18e siècle, la région des Yungas (Bolivie) et le versant oriental de la Cordillère (Pérou) devirrent les principales zones de production de la coca. Celle-ci joua alors un rôle très important : elle offrait un revenu en nature pour les ouvriers agricoles, de troc pour les propriétaires, on leva une taxe sur son commerce au bénéfice des  intermédiaires et de l'Etat, on préleva la dîme pour le clergé.

En 1949, une étude de  Howard Fonda, un banquier nord-américain, affirmant que la mastication de cette plante était “responsable de la déficience mentale et de la pauvreté qui régnaient dans les pays andins”, entraîna les premières tentatives d’éradication.

1953:suite à la réforme agraire les paysans obtinrent des terres sur l'Altiplano, mais pas suffisamment pour nourrir leur famille. Ils commencèrent à migrer spontanément vers la forêt, dans les basses terres du bassin amazonien.

Peu après, en 1961, les Nations Unies inscrivirent la coca au tableau n° 1 des stupéfiants, en faisant ainsi une des substances les plus dangereuses, à interdire absolument. Cela n’eut bien entendu aucun effet sur la consommation des Etats-Unis où les cadres sniffaient des lignes de cocaïne tandis que les habitants des ghettos

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