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optaient pour son parent pauvre et bien plus dangereux, le crack.

Dans les années 70, pendant la dictature militaire du général Banzer (1971-1978), appuyée par le Département d'Etat américain, le système de production de la drogue fut mis en place à partir des cercles du pouvoir. Les fonds de la Banque agricole de l'époque étaient détournés au profit des grands chefs d'entreprise de l'Est bolivien, avec l'unique objectif de développer le trafic de drogue.

Les années 80, furent marquées par une explosion de la demande internationale de cocaïne et par de fortes sécheresses sur les hauteurs.

En 1985 La fermeture des mines d'étain, mit à pied des milliers de mineurs. Cela entraîna une nouvelle vague de migration vers les zones tropicales.

En 1988, le gouvernement créa deux zones de production de coca : une légale et une autre excédentaire et, finalement, illégale. Les Etats-Unis ont imposé une loi de  contrôles des stupéfiants,  suivie en Bolivie par la loi 1008, permettant de poursuivre les producteurs, de les obliger à arracher la coca. C’est ce que l’on nomme l’option " coca zéro "

En novembre 2001, des groupes de paramilitaires massacrent des paysans, ceux-ci continuent à être persécutés, sans que l´Etat bolivien n’intervienne.

Le début février 2002, voit encore des affrontements entre les forces de l’ordre et les « Campesinos »

En ce début de troisième millénaire, l´"Acullicu" (traduit imparfaitement par le "mâcher" de la coca), est encore au coeur de la vie des populations andines, lors d´actes sociaux ou pour aller travailler. La Bolivie est le pays le plus indien de l'Amérique "latine", on estime que 60 % de la population partagent les valeurs de la culture quechua-aymara, pour laquelle l'usage de la feuille de coca est un élément de la culture traditionnelle.

La coca : une culture

En Bolivie et au Pérou, on voit encore aujourd'hui des paysans saluer la montagne avec trois feuilles de coca dans la main avant de travailler. Pour les Indiens, il y a trois mondes : celui d'en haut, (des dieux et des esprits), celui du milieu, où nous vivons,  et celui d'en bas. Entre ces trois mondes, un échange spirituel s'établit. La feuille de coca est toujours présente, sans quoi il n'y a pas d'échange avec les esprits et le rituel n'est pas possible.

Elément spirituel et religieux, la coca est offerte à la Pacha Mama (Terre Mère) pour la remercier d`une bonne récolte. Lors du "Kintu" (messe andine) les "Yatiris" (prêtre aymaras) lisent l´avenir entres ses fibres. Dans les pays andins, tout décès, mariage ou autre rituel social ou religieux comprend une offrande de coca. “Garde ses feuilles avec amour”, ordonne la Légende de la coca, un poème oral vieux de huit cents ans. “Et quand tu sens la peine dans ton coeur, la faim dans ta chair et les ténèbres dans ton esprit, porte-les à ta bouche. Tu trouveras amour pour ta peine, nourriture pour ton corps et lumière pour ton esprit.”

La coca tient aussi une bonne place dans la pharmacopée traditionnelle andine elle sert à guérir des maux comme la dysenterie et le mal des montagnes. Elle est, par exemple, administrée en mate (infusion) en cas de problèmes digestifs, ou en cataplasme pour soigner les fractures.

Riche en vitamines, calcium, fer et phosphore, elle constitue également un complément alimentaire pour des populations dont le régime est essentiellement composée de tubercules. La grande majorité des Boliviens continuent à en mâcher quotidiennement pour prévenir la sensation de faim car, mélangée à de la cendre, elle a un effet anesthésiant sur l’estomac.

La coca sert également d'instrument d’échange : les tribus qui cultivent les pommes de terre sur les terres froides de l'Altiplano les échangent contre des feuilles de coca cultivées sur les versants orientaux des basses vallées.

La coca a donc une forte valeur symbolique ; elle est un moyen d'échange, un langage pour entrer en communication avec l'autre monde, là où sont dieux, démons, morts, passions désirs, peurs, et pour se mettre en relation avec ses semblables.

Dans le monde occidental marqué par le christianisme, le pain et le vin constituent des symboles très forts. De même, l'alcool social est utilisé pour souhaiter la santé et le bonheur et pour recevoir un ami. Il facilite

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