X hits on this document

17 views

0 shares

0 downloads

0 comments

4 / 6

procurer.

Les raisons qui amènent quelqu'un à se droguer sont globalement les mêmes au Sud et au Nord. Les conséquences également. Les différences portent, sur la qualité des produits (de moins bonne qualité donc plus nocifs au Sud), sur les répercussions sociales, notamment au sein de la famille. Mais la toxicomanie reste un fléau qui touche à la fois au plus profond de l'individu et à l'ensemble de la société ce qui la rend si difficile à appréhender.

Or blanc

Les feuilles de coca sont presque exclusivement cultivées dans la Cordillère, au Pérou,  en Bolivie et en Colombie. La Bolivie est, avec son voisin péruvien l´unique endroit au monde où la production et la commercialisation de la feuille de coca sont légales jusqu´à un certain point. Mais plus que partout ailleurs, on produit de la pâte basique ; c'est la première étape de la fabrication de cocaïne. A partir de cette pâte aux cristaux de cocaïne, démarre tout un processus de nettoyage et d'épuration.

On dénombre environ trois dérivés principaux de la coca. La première transformation chimique donne la Pate Base Cocaïne (PBC) qui, mélangée avec du tabac, est fumée sous le nom de basuco. Des transformations supplémentaires donnent le chlorhydrate de cocaïne, appelé le plus souvent cocaïne ou coke, qui est inhalé (sniff) ou injecté. Enfin, le raffinage du PBC ou de la coke donne des cristaux fumables appelés crack ou free-base. La Bolivie s'est spécialisée dans la production de PBC, plus dangereuse que la cocaïne, car en amont de tout le processus d'épuration.

Le chlorhydrate de cocaïne est payé 1 000 dollars le kilo en Bolivie par les "importateurs" qui le revendent 3.000 dollars de l'autre côté de la frontière et 5 000 dollars à São Paulo. Ceux qui alimentent le marché local ou international l'achètent à leur tour jusqu'à 20 000 dollars.

Cet or blanc a pris un poids considérable dans l´économie latino américaine et mondiale. Chiffre d´affaire annuel "estimé" par l´OEA (Organisation des Etats Américains) : 150 à 200 milliards de dollars soit  33 fois le PNB bolivien . Pour finir, 90% de l’argent généré par le trafic de drogue se recycle dans les pays riches. Et Internet, les cybercasinos, etc., ont encore facilité le blanchiment.

Il semble évident que la lutte contre la drogue - la prévention comme la prohibition - doit prendre en compte la dimension internationale du phénomène.  Il faut relativiser la vision d'un Sud producteur et d'un Nord consommateur, même si ce découpage reste en partie pertinent. Il faut aussi savoir que 5 000 tonnes de marijuana sont produites aux Etats-Unis chaque année

Les cartels :

Avec un chiffre d'affaires estimé entre 300 et 500 milliards de dollars, le trafic de drogue est devenu le deuxième marché économique au monde, juste derrière les armes ,mais devant le pétrole. Les bénéfices sont, eux, de l'ordre de 200 milliards de dollars et le blanchiment d'argent sale de 150 milliards. Si les bénéfices et les sommes en jeu paraissent colossales, elles ne se répartissent pas de la même façon entre les différents protagonistes. En effet, alors que les trafiquants tirent un profit maximal du trafic, les paysans tentent seulement de survivre, face à leur propre pauvreté et à celle de l'économie de leur pays.

C'est en jouissant de l'indifférence voire de la complicité de la classe politique que les narcotrafiquants ont mis sur pied les réseaux qui leur ont permis de devenir les premiers producteurs de cocaïne latino-américains. L'alliance de fait explose lorsque les narcos, forts de leur pouvoir économique, entendent jouer un rôle politique. Elle débouche en Colombie sur une véritable guerre. Depuis le quasi- démantèlement des cartels de Medellin (fin 1993) et de Cali (1995), les trafiquants non organisés en cartel se sont multipliés, mettant en place des structures beaucoup plus souples, indépendantes et compartimentées.

En Bolivie, le chef du "Cartel de La Paz", Luís Amado Pacheco Abraham, un homme d'affaires ayant pignon sur rue, ainsi que ses complices, avaient leurs entrées au Parlement. Plusieurs fois arrêté, il a  chaque fois "acheter sa libération". Sa présence dans les allées du pouvoir explique sans doute qu'il ait pu opérer très longtemps en toute impunité. L'opinion publique et certains experts estiment que les véritables commanditaires boliviens, n'ont pas été touchés. Les grands scandales dans lesquels des hommes politiques des différents partis ont été impliqués n'ont jamais été complètement éclaircis.

Document info
Document views17
Page views17
Page last viewedMon Dec 05 01:32:01 UTC 2016
Pages6
Paragraphs69
Words4085

Comments