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Mineurs recyclés:

Il ne reste rien des milliers de mineurs de Siglo XX et de Catavi, qui régulièrement, faisaient trembler le pouvoir. Les autorités n'ont plus rien à craindre des 60 000 mineurs éparpillés aux quatre coins du pays, divisés entre le secteur privé et le secteur étatique réduit comme peau de chagrin.

Aujourd'hui, certains exploitent une concession avec d'autres chômeurs. Ce nouveau système, qui n'a de coopératif que le nom, mobilise 30 000 mineurs à travers tout le pays. Finis les 3 X 8... Aujourd'hui, c'est chacun pour soi jusqu'à épuisement. c'est l'absence totale de sécurité, Chacun creuse dans son coin causant chaque année des milliers d’accidents. El Tio, cette divinité inca, véritable ange gardien des mineurs depuis l'arrivée des Espagnols, les a totalement abandonnés. Pour eux, la seule façon de résister, et surtout de surmonter leur peur, c'est de mâcher à longueur de journée la feuille amère de coca.

La mort dans l'âme, la plupart ont quitté Siglo XX pour aller tenter leur chance dans la forêt du Chaparé. Là-bas, ils ont rejoint les légions de laissés-pour-compte qui se sont lancés dans la production de coca. Que pouvaient-ils faire d'autre si ce n'est émigrer en Argentine, comme l'ont déjà fait 2 millions de Boliviens. Ils ont quitté les Andes pour l'Amazonie où, de Cochabamba à Santa-Cruz, ils continuent à manier le bâton de dynamite pour se faire entendre des autorités. Militaires et policiers demeurent l'ennemi numéro un. Hier, ils intervenaient sur le carreau de la mine pour obliger les grévistes ­ soupçonnés de "faire le lit de la subversion" ­ à reprendre le travail. Aujourd'hui, ils sillonnent les régions sauvages du Chaparé et du Beni pour traquer ces mêmes mineurs, accusés de faire alliance avec la mafia de la coca. Ils ne sont ni trafiquants ni producteurs de cocaïne. La coca leur permet à peine de vivre. Et nul ne leur propose une culture rentable de substitution. Entre-temps, les marchands et leurs complices continuent d'amasser des fortunes...

Chaleur, pluies excessives, peur de ce milieu inconnu, dur travail du déboisage, diarrhée chronique et nostalgie des hauteurs les menacent. Mais ils survivent. Un ou deux hectares par famille, un tiers pour l'autosubsistance, deux tiers pour la coca. Pas d'autre choix. Ils sont pauvres, il y a des acheteurs, et les narcos ont monté de solides réseaux. Après quelques années, les toits de tôle se font plus fréquents, les plus chanceux achètent un camion. Pourtant, la coca ne les a pas rendus riches. Aujourd'hui, elle fait d'eux des proscrits.

Les cultivateurs de coca ont très peu de revenus. De leur point de vue, accepter l'éradication c'est s'auto-condamnée à la pauvreté. On constate néanmoins un certain affaiblissement des producteurs de coca, une certaine fatigue, des frustrations, des désillusions. Dans les régions rurales, où vivent la majorité des cultivateurs de coca, on trouve très peu de routes, peu d'électricité, peu d'écoles, peu d'hôpitaux. La population est pauvre. On y cultive de la coca, mais également des produits servant à l'auto-subsistance : des fruits tropicaux, des plantes tropicales, des piments, des ananas, des bananes. Heureusement, les familles de cultivateurs se serrent les coudes. Le système millénaire de l’ « ayni »  est remis en vigueur lors de la récolte elle se fait en communauté, sur les terres de chacun successivement. Cette solidarité est une des principales forces des «cocaleros» boliviens,

Dette et coca :

De nombreux pays en développement sont confrontés à un endettement croissant vis-à-vis d'autres Etats ou d'organismes internationaux, Banque Mondiale et Fonds Monétaire International (FMI). Les investissements effectués avec les emprunts, et les exportations de matières premières, étaient censés apporter des ressources suffisantes pour les remboursements. Mais l'échec des politiques économiques et la chute des cours des matières premières ont, au contraire, accru l'endettement.

Les pays sont contraints d'accepter les Programmes d'Ajustement Structurel (PAS) préconisés par le FMI.C’est  une politique économique d'inspiration libérale qui réduit au minimum les prérogatives de l'Etat afin de diminuer les dépenses et faire jouer les mécanismes de marché. Les modifications économiques préconisées par les PAS supposent également la libéralisation du secteur financier. L'absence de contrôle sur les flux financiers permet aux trafiquants internationaux de déplacer des sommes importantes en toute impunité. Les nombreuses succursales de banques de toutes nationalités s'occupent de blanchir l'argent, qui servira notamment à rembourser les dettes auprès de ces même banques.

Quel que soit le résultat économique, le coût social est considérable: dégénérescence des infrastructures (routes, ponts), disparition des systèmes de santé, renforcement des inégalités, la société n'a plus les moyens de s'occuper des plus démunis.

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