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Que faire, dans ces conditions, quand on est un petit paysan en Bolivie? Tous les paysans des environs vendant les mêmes produits, les prix restent trop faibles ; l'absence de routes carrossables, d'infrastructures pour aller jusqu'au marché, augmentent les coûts de production ; en même temps, les dépenses de santé ou d'enseignement augmentent, ne serait-ce qu'en raison de l'éloignement (disparition d'écoles, de centres de santé et de transports en commun). La production de coca apparaît alors comme la solution miracle. La culture de la coca est tout simplement une question de survie pour les paysans.

Il ne fait aucun doute que depuis une quinzaine d'années, l'argent de la drogue constitue un véritable ballon d'oxygène pour l'économie bolivienne. Ce pays est avec Haïti le plus pauvre d'Amérique latine et l'un des plus pauvres du monde. Selon des déclarations récentes 70 % de la population vit dans la pauvreté dont 36 % dans l'indigence. 94 % de la population rurale et 53 % de la population urbaine ne peut pas satisfaire à ses besoins les plus élémentaires. Si la politique d'ajustement a été mise en place depuis 1985 à l'instigation des organisations financières internationales, si elle a permis de rétablir les grands équilibres macro-économiques (réduction de l'inflation, équilibre du budget, paiement de la dette extérieure, etc.), non seulement n'a pas amélioré la situation de la population, mais elle a provoqué l'extension du chômage et de l'économie informelle. Une grande partie des mineurs d'étain, mis à pied en 1986 à la suite de la fermeture des grandes mines, n'a trouvé d'autre alternative que de descendre dans la plaine tropicale du Chapare pour cultiver le cocaïer. les syndicats de producteurs de feuilles de coca sont devenus les principaux défenseurs de l'emploi en Bolivie. Ils ont non seulement l'appui de centaines de milliers de leurs adhérents, mais également celui d'une grande partie des travailleurs du pays.

Tous les gouvernements "néolibéraux" depuis 1985 sont conscients qu'ils ne peuvent se passer de l'argent de la drogue : ils sont donc pris entre les pressions des Etats-Unis et celles du FMI dont les objectifs ne peuvent être atteints qu'en ayant recours à l'argent de la cocaïne. La boucle est bouclée : l'endettement crée un besoin de liquidité qui ne peut être trouver qu'avec la vente de drogues. Les pays du Nord mènent d'une main une guerre coûteuse et inefficace contre le trafic de drogue, et de l'autre incitent les pays producteurs à continuer. Et en toute connaissance de cause.

Sources :

Internet, avec les sites de : The Guardian, El País,  Agence France-Presse, Chroniques Nomades, Le Monde, Le Monde Diplomatique, les Journaux boliviens Los Tiempos, La Razon, La Prensa, El Diario, Domingo et Pulso Digital, Le Site du monde du travail, Office des publications officielles des CE, Atlas Mondial des drogues, Observatoire géopolitique des drogues, Presses Universitaires de France,  Andean information network,  narconews, Défis Sud, …et leur rédacteurs ; Francesca Relea, Nick Thorpe, Jean-Marc Desfilhes, Alain Labrousse Lemoine Maurice, Bader Carmen; Rodrigo Jean-Michel, Jean Ortiz,  Aude Rossignol, Fernando Garcia, lucas patriat, Brigitte Verdière, Mariano Aguirre, Laëtitia Moreau, Al Giordano,…

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