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LES COLONISATIONS DU VIET NAM ET LE COLONIALISME VIETNAMIEN

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1946-1954, la base du Viet Nam en lutte armée pour se libérer du colonialisme français. En 111 avant J-C, l'empire Han victorieux en Chine écrasa le jeune État vietnamien et, à l'exception de victorieuses et brèves rébellions, il devint pour plus de 1000 ans terre chinoise.

Après la formation d'un État à la suite d'une mutinerie, le Viet Nam fut érigé en protectorat chinois, dirigé par un gouverneur chinois et divisé en régions militaires. Dès le début du premier siècle avant J-C, le pays avait assimilé, en même temps que de nombreux colons chinois (beaucoup d'entre eux ayant fui les Han), presque tout ce qu'il y avait d'utile dans la civilisation de l'occupant: l'écriture, les arts et les croyances.

'La première année de t'iao-lou (679 A.D.) dit un texte chinois traduit par un éminent annamitisant, savant exigeant et sûr, M. Emile Gaspardone - Kaotsong des T'ang transforma cette région en protectorat général de l'An- nam. En vérité les établissements étaient rustiques et misérables, petits murs et paillottes que d'autres gens n'eussent pas habités. Puis Li Cong Uan, imitant peu à peu la Chine, établit des commanderies et des sous-préfectures. Cependant le pays entier n'était guère qu'une province chinoise. Un peu plus de dix villages formaient une préfecture secondaire, un ou deux villages une sous-préfecture. Les bureaux officiels étaient fort réduits. Les Chinois qui venaient d'arriver dans le pays en riaient chaque fois en cachette'. Les érudits vietnamiens traditionnels avaient, en corps, adopté cette apprécia­ tion: Voilà encore un trait de l'assimilation culturelle du pays à la Chine classique. Mais ces traditions, suivies à la lettre, prouveraient trop. En effet les forêts marécageuses du delta du Fleuve Rouge une fois défrichées, quand le pays, mis en rizières, eut été doté d'un gouvernement, d'une

administration, est résulté n'a

d'une agriculture et d'un artisanat à nullement été une nouvelle province

la chinoise, - chinoise, mais

ce qui en bien une

nouvelle

nation,

inflexible

Kouang

Toung,

au Kouang

dans le sentiment Si, au Yunnan, la

qu'elle a civilisation

d'elle-même. Au chinoise a fait la

Chine sur des éléments marquée par Mon Cay,

ethniques Lang Son

disparates. Au Sud de la frontière historique et Cao Bang, sous l'influence de cette même

culture, c'est trouvé ainsi intérieure de

au contraire le Viet Nam qui s'est la force et des raisons de mener plus de deux mille ans, sur un sol

fait. Pour que ce peuple ait à bon terme une résistance si disputé et dans une lutte

matériellement si inégale, ne faut-il pas que dès le début, et par de plus intime, il ait échappé aux formalismes officiels par où la rendue apparemment maîtresse de sa civilisation?

ce qu'il avait Chine s'était

Il semble que dès les origines de l'aménagement agricole du pays le village vietnamien, par sa rusticité même, ait été, pour la nation, un sanctuaire inviolable. Non qu'il fût en force pour résister isolément. Mais cette confi­ guration nationale se rencontrait partout. Elle ne se concentrait en aucun lieu où l'adversaire pût s'en saisir comme on s'empare d'une capitale, comme on abat une dynastie, ou comme on s'asservit une cour.14

14. P. Mus, op. cit., pp. 19-20.

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