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LES COLONISATIONS DU VIET NAM ET LE COLONIALISME VIETNAMIEN

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les collines du Yun-Nan jusqu'au 17^™ parallèle. Bien que des liens symboliques de vassalité les aient réunis à la Chine presque tout au long de leur histoire jusqu'à ce que la domination française soit devenue complète en 1883, leur voisin du Nord, malgré quelques menaces sporadiques, ne réussit jamais à reprendre la souveraineté effective sur le pays, sauf pendant la brève période de 1407 à 1427.

Étant désormais assurés de leurs arrières, les Vietnamiens pouvaient se vouer à leur mission historique essentielle: s'assurer l'espace vital nécessaire à leur nom­ breuse population agricole dans les deltas relativement vides au sud de leur frontière. Mais, à cet endroit se trouvait le royaume hindouisé du Champa comme l'étaient les royaumes du Cambodge et du Siam.

Il - LE COLONIALISME VIETNAMIEN

Il s'ensuivit une véritable campagne de génocide qu'aucune dictature moderne n'aurait pu concevoir ou réaliser avec une telle totalité. Fondé en 192, le royaume du Champa, dont la superbe capitale Indrapura était située près de l'actuelle ville de Faïfo sur la côte du Centre-Viet Nam, prospéra pendant plusieurs siècles grâce à son commerce maritime florissant et à ses puissantes flottes de guerre, dont l'une remonta le Mékong et traversa le « Grand Lac » (Tonlé Sap) du Cambodge pour aller mettre à sac Angkor en 1177. Comme celui des Normands (presque contempo­ rains), le royaume Cham reposait presqu'entièrement sur la puissance de sa marine avec tous les avantages et les désavantages de l'organisation sociale et politique qu'entraîne un tel État. Ce peuple, comme les Normands, fut un fléau de toute la région aussi longtemps qu'il fut capable, grâce à ses navires rapides, de porter la guerre chez ses voisins, vivant de pillage.

Mais, ayant négligé l'agriculture, la pénétration et l'ancrage dans son propre pays, le royaume Cham fut incapable de résister à la longue au lent et tenace « grignotage » exercé par les paysans vietnamiens. Il y eut affrontement et confron­ tation de deux modes de vie et de deux rythmes de vie: l'action violente et rapide des raids de pillards et la lente propagation de proche en proche des paysans avec toujours le souci d'engranger et de préparer les récoltes suivantes. Aussi, bien que

les Chams, militairement supérieurs, aient réussi plusieurs

dans le delta du Fleuve repoussèrent finalement

Rouge - s'emparant et les réduisirent à la

de Ha-Noi défensive.

-

profondes incursions les Vietnamiens les

Peu à peu, les fermiers vietnamiens occupèrent les plaines vierges du Nord- Champa, très souvent avec le consentement des Chams qui virent dans cette occupation pacifique une source d'enrichissement pour eux. Avec l'accroissement de la pénétration vietnamienne s'accrurent le désir et la capacité de l'État vietna­ mien de protéger ses propres concitoyens. Village par village, delta par delta, le processus se répéta. Il y eut quelques arrêts momentanés et même quelques brefs reculs dans cette « longue marche » vers le Sud, mais vers la fin du XIômc siècle, toutes les provinces côtières au Nord de Hué étaient passées sous contrôle vietna­ mien. La zone suivante qui comprenait Hué (future capitale impériale du Viet Nam), devint vietnamienne vers le milieu du XVèmc siècle, grâce au mariage de la soeur du roi du Champa avec le roi du Viet Nam. Mais en 1471, la guerre reprit avec âpreté, les Vietnamiens soumirent la deuxième capitale des Chams, Vijaya

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