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Thanh H. VUONG

La microsociologie n'est pas une sociologie des petites unités, mais une sociologie où on n'a pas encore fait la statistique. Elle est structurale et non pas en extension. La macrosociologie, elle, sera géométrique. La microsociologie n'est pas le village contre l'État, c'est une sociologie des noms propres contre une sociologie des cotes.

La sociabilité est une certaine façon de se disputer, aussi bien qu'une certaine de s'entendre.

Par dessous les grandes organisations géométriques, il faut retrouver à l'éche­ lon minimal une autre sociologie, qui est maximale, plus fervente et qui ne se laisse pas facilement organiser. P. Mus (Cours du 18 avril 1958)

La Cochinchine, pays khmer, était devenue vietnamienne depuis si peu de temps: ses habitants étaient les moins solidement ancrés dans leur langue, leur structure sociale et leurs institutions vietnamiennes. Ce n'est pas sans raison que, durant la colonisation française, les Français consolidèrent d'abord leur position dans cette région et qu'ils tentèrent, en 1954-1955, de conserver cette position plus solide après la tentative infructueuse de Thierry d'Argenlieu en 1946 de forger une « République de Cochinchine ». À partir de 1955, les Américains ont bien tenté de faire vivre une « République du Sud-Viet Nam ».

Cela est confirmé par le fait que le Sud paraissait et paraît encore aujourd'hui

plus « pro-français » de naissance) - ou oreilles d'un touriste,

(on se souvient que les Cochinchinois furent citoyens français simplement plus « français » ; cela éclate aux yeux et aux même peu averti, à Saigon et dans les villes de province —

que le Centre-Viet Nam ou le le sens esthétique et éthique et tive de la puissance coloniale autres régions. Pour la même

Nord, car la pénétration (avec la sensation charnelle, la signification intellectuelle) culturelle et adminisra- française y trouvait moins de résistance que dans les raison, la pénétration coloniale française devint de

plus en

plus

difficile au

culture

et du

patriotisme

fur et à mesure qu'elle avançait vers les vietnamiens. Pour la même raison, dans

hauts lieux

de la

le nord du

pays,

l'indépendance (1945-1954) et l'unification fait des Tonkinois et la libération complète Sud, comme une « reprise en main » par quelques décennies avec les Français et les

(1955-1975) furent essentiellement et totale du pays peut être perçue, les Tonkinois après un « flirt » Américains.

le au de

Ainsi, tout le territoire du Viet Nam, au sud du 17ème parallèle, n'a été vietnamien que depuis deux siècles. Il s'agissait purement et simplement d'an­ nexions coloniales. Le fait qu'elles aient pour objet des territoires contigus ne les rend pas plus ou moins respectables. D'autre part, un génocide n'est pas seulement l'élimination physique à grande échelle d'un peuple, c'est aussi l'assimilation culturelle par laquelle un peuple n'existe plus comme groupement distinct et distinctif par les us et coutumes. Cette « vietnamisation » du pays khmer n'a, en fait, précédé le premier contact colonial français que de cent ans. Cette réalité historique, sociale, culturelle et politique qui est la colonisation quasi conjointe du delta du Mékong par les Français et les Tonkinois (au détriment du Cambodge) ne peut être masquée par de bonnes paroles ou éliminée de la mémoire collective par des silences répétés et assourdissants, car elle affecte la solidité de l'édifice de la

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