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LES COLONISATIONS DU VIET NAM ET LE COLONIALISME VIETNAMIEN

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occupations commerciales? Noys y consentons. Mais si vous refusez, nous ne cesserons de lutter pour obéir à la volonté du Ciel. Nous redoutons votre valeur, mais nous craignons le Ciel plus que votre puissance. Nous jurons de nous battre éternellement et sans relâche. Lorsque tout nous manquera, nous prendrons des branches d'arbres pour en faire des drapeaux et des bâtons pour armer nos soldats. Comment alors pourrez-vous vivre au milieu de nous? Nous vous demandons d'examiner cette requête avec attention et de mettre un terme à un état de choses aussi funestes à nos intérêts qu'aux vôtres.

L'invitation au jeu à sommation non-nulle est manifeste dans la conclusion de la requête où les nuisances des uns conduisent aux nuisances des autres, ainsi que les gains des uns bénéficient aux autres. Elle commence par la famille confucéenne dans l'évocation de la désolation d'un enfant qui a perdu son père et sa mère et de l'obligation de venger le roi insulté. Texte représentatif, selon le Contre-Amiral Reveillère, du « Nationalisme Annamite », il décrit les deux constantes qui carac­ térisent l'histoire du Viet Nam et les modalités rustiques et rurales pour accomplir ces deux constantes qui sont:

  • 1)

    Les rébellions tenaces et répétées contre le millénaire de colonisations chinoises et le siècle de colonisation française;

  • 2)

    Le colonialisme vietnamien sous la forme de « nouvelles frontières » toujours repoussées par la propagation épidémique de ce foisonnement de villages, par la « longue marche » d'un delta à riz au suivant et à travers l'assimilation des populations voisines aux modes de vie et coutumes, créant de proche en proche et d'années en années des sub-versions et des per-versions du modèle originel et original qui est lui-même une subversion et une perversion de la civilisation chinoise et de la culture française.

Russell Stetler26, dans son introduction au recueil des textes de Vo Nguyen Giap, a ainsi décrit la première constante et les modalités pour l'accomplir.

In ail their wars, the Vietnamese hâve confronted a more powerful enemy, whether numerically, as in the case of the ancient Chinese, or technologically, as in the case of their contemporary opponents. A strategy of passive défense, in which one relies on fortresses and treats material resources and terrain as ends in themselves, has never worked. The Vietnamese suffered their own Dien Bien Phu five and a half centuries before the French, when the impregnable stronghold of Da Bang in the interior of Thanh Hoa fell under siège by the Chinese. The common features of the successful résistance wars stand out clearly. Ail relied on tactical, and often stratégie, flexibility. (This conception was elaborated in the first Vietnamese handbook of the military profession — in the thirteenth century !) Ail hâve utilized the natural advan- tages of terrain and environment to permit a mobile défense. Ail hâve utilized the expanse of time to the advantage of the résistance, building up strong forces in a war of long duration so as to be in a décisive position at the critical time. AU hâve had popular character, based on the support of the peasantry

26. « The Military Art of People's War, Selected Writings of General Vo Nguyen Giap ». Monthly Review Press, London & N-Y., 1970, pp. 11-12.

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