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LES COLONISATIONS DU VIET NAM ET LE COLONIALISME VIETNAMIEN

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portaient jusqu'aux lointaines frontières du Siam. Démographiquement, les masses paysannes, étendant le réseau des villages, avaient anéanti sur la côte d'Annam jusqu'au souvenir des Chams, sauf dans quelques cantons tout au Sud. Une grande partie de la Cochinchine, au XVIIIe™ siècle, avait été dans les conditions analogues otée aux Cambodgiens, refoulés de plus en plus vers l'Ouest. Le reste du Cambodge aurait été l'enjeu d'un conflit avec le Siam sans notre venue.27

Dans les années 1980, les armées vietnamiennes se portent encore aux lointaines frontières du Siam (devenu Thaïlande depuis 1939), occupées à nettoyer les derniers nids de « khmers rouges » et occupant la province de Battambang, les alentours du « grand lac » Tonlé Sap et les ruines d'Angkor, ruines fabriquées par les conquêtes antérieures des Vietnamiens sur une splendide civilisation in- dianisante.

Au mois d'août de 1945 et pour tenter de s'opposer au retour de la colonisation française, les alliances vietnamiennes oscillaient entre l'URSS et les États-Unis (à travers l'oss de la politique rooseveltienne).

Mais Hô Chi Minh et les siens ne veulent pas affronter les représentants du général de Gaulle avant de s'être assurés de la bienveillance des États-Unis. L'URSS est trop loin, et M. Hô tient, sur ce point, à garder ses distances: il sera toujours temps de reconnaître ses vrais amis... Le 26 août, une mission d'enquête américaine est reçue avec un enthousiasme déconcertant de la part d'un mouvement communiste — même à une époque antérieure à la guerre froide. Et ce jour-là, tandis que retentissait l'hymme américain, on vit Vô Nguyen Giap saluer du poing fermé la bannière étoilée... Les leaders vietminh avaient su nouer des liens étroits, sinon très sincères, avec les représentants des États-Unis à Hanoï, et utiliser avec le maximum d'habilité l'anticolonialisme qui faisait alors le fond des conceptions américaines en matière de politique asiatique.28

À travers ces manifestations très hollywoodiennes et aux moments où Giap saluait du poing fermé la bannière américaine, on vit et entendit le général Callagher de l'oss américain pousser la chansonnette.

C'est peut-être, à la fois, sincérité et feinte, aussi bien de la part du Viet Nam que de celle des États-Unis, à cette époque. Sincérité profonde et feinte circonstan­ cielle. On se souvient que d'une part, la déclaration d'indépendance du Viet Nam (le 2 septembre 1945) se fonde sur la déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique et sur la déclaration des droits de l'homme de la révolution française, et, d'autre part, le mythe d'origine des États-Unis est la rébellion des colonies anglaises d'Amérique contre la tutelle de l'Angleterre.

Relisons ces propos de Hô Chi Minh (presque mot à mot, l'intervention qu'il fit au congrès de Tours vingt ans plus tôt, congrès qui a consacré la scission du parti socialiste français et acte fondateur du Parti Communiste Français) commentés par

  • 27.

    P. Mus, op. cit., p. 17.

  • 28.

    J. LACOUTURE, op. cit.,

p.

95.

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