X hits on this document

53 views

0 shares

0 downloads

0 comments

5 / 28

548

Thanh H. VUONG

  • -

    La métacommunication du type a) est restreinte à la société humaine, les types b) et c) se trouvent surtout dans le monde animal et le monde humain ;

Paul Mus, distingué sociologue et esthéticien, professeur au Collège de France et membre de l'École Française d'Extrême-Orient, énonce l'histoire du Viet Nam dans la perspective ethnologique et le cadre est celui de l'interface entre les deux civilisations fondatrices: l'indienne et la chinoise. Sa ponctuation met au départ la configuration du terrain ou nature inorganique qui contraint la végétation qui, à son tour, oriente et limite les possibilités des activités humaines:

Cette géographie n'est qu'un instant de l'histoire. C'est par ce déversoir filtrant, aux passages étranglés, tout en bas de l'immense Chine, que s'est, pour une grande part, peuplée l'Indochine, d'une côte à l'autre, là où se répartissent aujourd'hui les Etats modernes: Viet-Nam, Laos, Birmanie, Siam et, plus au Sud, Cambodge et Malaisie.

La configuration du terrain a fait d'avance le lit de l'événement; au Nord, tout s'ouvre, mais difficilement, vers la Chine; la voie de terre paraît au contraire barrée, à l'ouest, du côté de l'Inde, à qui il reste bien la voie maritime, mais par le grand détour des Straits... À l'extrémité d'un continent fermé aux mouvements transversaux, les masses vietnamiennes se trouvent acculées au Pacifique.

Elles sont comme aux Thermopyles de l'Asie Sud-Orientale. Là, en effet, par des voies ardues, mais certaines, aboutit la prépondérance de la Chine. Ce serait dire, si l'on s'en tenait à cela, le caractère précaire que la géographie et une stratégie géopolitique attribueraient à l'établissement du peuple vietnamien le long de l'échiné côtière.

L'histoire contredit toutefois cette appréciation. Elle prouve la solidité de l'installation vietnamienne. Il faut par conséquent qu'un élément ait échappé à l'analyse; s'il ne se rencontre pas dans le cadre naturel, c'est sans doute que les Vietnamiens l'ont trouvé en eux. Le trait marquant de leur comportement est leur soudure au sol qu'ils occupent. Le cadre apparaît en cela, mais seulement par l'occasion qu'il leur a été donnée de s'exprimer. Entre ces populations, entrées dans l'histoire à partir de 208 avant J-C, vers la bordure méridionale de la Chine et certaines conditions de l'habitat, l'accord s'est avéré si intime que partout où ces circonstances se sont réalisées, aucune race n'a résisté à la poussée des Vietnamiens, pas plus qu'aucune force n'est ensuite venue à bout de leur accrochage au terrain.6

La description la plus commune et la plus succincte faite par les Vietnamiens eux-mêmes de leur pays est celle d'un balancier portant aux extrémités deux paniers de riz que sont les deltas du Fleuve Rouge au Nord et du Mékong au Sud; le balancier est constitué des chaînes de montagnes: la «cordillère annamitique ». Une telle imagerie aussi rurale et rustique, venue des fins fonds des réflexes intellectuels et sociaux, devrait inciter toute espérance de victoires à s'appuyer sur cette rusticité du monde rural vietnamien. Toutes les technologies électroniques

6. P. Mus, op. cit., pp. 16-17.

Document info
Document views53
Page views53
Page last viewedMon Dec 05 14:10:01 UTC 2016
Pages28
Paragraphs353
Words14602

Comments