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LES COLONISATIONS DU VIET NAM ET LE COLONIALISME VIETNAMIEN

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L'influx hindou aboutit à la création du Siam et de l'empire khmer qui survit encore dans l'actuel Cambodge (devenu Kampuchea depuis 1975 dans les bouleversements des guerres de libération du Viet Nam) ; et au royaume du Champa qui n'existe plus aujourd'hui parce que détruit par les Vietnamiens.

On remarquera la proximité entre « Siam » et « Cham », peuples maritimes peu enracinés dans la boue des rizières, tous deux indianisés, en contraste aux Vietnamiens, paysans et sinisés. La langue vietnamienne, mélange d'indonésien monotonique et d'éléments mongols polytoniques (comme la langue chinoise), porte le témoignage de l'héritage racial des Vietnamiens. Une florissante culture indigène de l'âge du bronze (la civilisation de Dong Son) existait au Viet Nam environ 200 ans avant J-C, bien que, selon Joseph Buttinger, l'historien américain, l'âge du bronze succédait à peine à celui de la pierre polie quand l'expansion impériale chinoise éleva soudain les Vietnamiens9 à un niveau plus élevé de civilisation. De récentes découvertes archéologiques suggèrent que la civilisation vietnamienne de l'âge du bronze est peut-être même de plusieurs siècles plus ancienne qu'on ne le croyait jusqu'à présent.I0

Les « guerres pédagogiques » entre la Chine et le Viet Nam sont soutenues, sur un autre plan, par des « guerres archéologiques ». Les diverses occupations chinoises qui se succédèrent durant les mille années suivantes laissèrent aussi une profonde empreinte physique sur les Vietnamiens, tandis que dans l'Extrême-Sud, les mélanges raciaux et culturels avec les Khmers et Chams produisirent une souche ethnique encore différente. Les aborigènes qui avaient été repoussés dans les montagnes et hauts plateaux ont maintenu jusqu'à nos jours leur civilisation particulière. Dans le Nord, les Thaï, Muong et Méo dominent entièrement l'arrière- pays. Leur degré élevé de civilisation, égal sur bien des points à celui des Vietnamiens des plaines, fait d'eux un élément politique non négligeable. Dans le Sud, les tribus plus primitives des « PMS » ou « Plateaux Montagneux du Sud », péjorativement dénommées « Moi (mot vietnamien pour « sauvage »), ont maintenu leurs structures tribales et sociales, malgré des conditions dévaforables à ce maintien.

Il existe encore au Viet Nam deux minorités ethniques importantes. Toutes deux vivent au Sud du 17ème parallèle: les Khmers (Cambodgiens) et les Chinois. Les Chinois, comme colonisateurs ou commerçants ont « coexisté », sans toutefois « cohabiter », avec les Vietnamiens pendant 2 000 ans conservant leurs coutumes et leurs costumes, possédant leur propre école ainsi que leur propre administration à la manière du « Judenrat » (Conseil juif) des communautés juives d'Allemagne et d'Europe centrale. Le demi-million de Cambodgiens (ou Khmer Krom, c'est-à-dire « Khmer du Sud », comme on les nomme au Cambodge), dont la présence au Sud-

  • 9.

    Joseph BUTTINGER, The Smaller Dragon, op. cit., p. 75.

  • 10.

    Dans les découvertes faites en 1960 à Thieu Dong (Thanh Hoa, au nord du Centre-Viet Nam), où des objets vietnamiens furent trouvés sous des couches contenant des objets chinois de l'époque des Han semblent être « une réfutation de la thèse selon laquelle les objets de l'âge du bronze de Dong Son appartiendraient à une civilisation postérieure à celle des Han introduite au Viet Nam pendant leur occupation du pays ». Nguyen Van Ngia et Pham Van Kinh (« Archeological Finds in Thieu Dong », in « Viet Nam Advances », Hanoï, october 1961, pp. 18-21.

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