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Après 27 années d’application, les limites et les conflictualités que la loi 164/82 comporte sont évidentes, sa face conservatrice et coercitive pour des individus qui opèrent un choix personnel sur la base d’une sorte de chantage : jouir ou non de tous les droits de citoyenneté ? Toutes les personnes qui, pour des motivations variées, ne veulent/peuvent pas se soumettre à des opérations de rectification chirurgicale des organes sexuels, n’auront jamais le même service que ceux qui vont s’intégrer dans les deux possibilités admises.

Il n’existe pas de réglementation pour l’application de la loi, donc son interprétation est restée à la  discrétion des juges, lesquels ont confirmé la praxis jurisprudentielle du changement civil accordée seulement aux femmes trans* qui ont subi des interventions ablatives (orchidectomie) et reconstructives (vaginoplastie) des caractères sexuels primaires et aux hommes trans* qui ont effectué au moins les interventions ablatives (hystérectomie et mastectomie réductive), sans l’obligation de la reconstruction génitale. Les cas de non-adéquation ne sont pas juridiquement prévus et les individus qui ne sentent/veulent s’intégrer à la bipolarité masculin/féminin prévue par la médecine sont destinées à vivre dans un limbe juridique éternel qui les expose aux plus divers abus  et interprétations par tous ceux qui exerce même le plus faible des pouvoirs.

Pour comprendre quelle sorte d’implantation disciplinaire est cachée dans le texte de la loi italienne6, je voudrais tenter une analyse critique, surtout par rapport aux premiers trois articles, qui font référence aux conditions d’admissibilité pour avoir des nouveaux documents et aux pratiques demandées par la praxis judiciaire.

A partir de l’en-tête qui parle de « rectification », on va se référer principalement à une correction qui va s’effectuer sur un corps, un organisme qui ne répond plus aux caractères spécifiques demandés par la catégorie de genre qui lui a été assigné à la naissance.

La loi possède donc un caractère sanatorium, c’est-à-dire elle légitime et résout une situation de fait. Pourtant, elle ne s’adresse pas à la totalité de la population trans*, hétérogène et en mutation, mais seulement à une partie d’elle, c’est-à-dire ceux-ci qui ont déjà effectué l’adéquation génitale, ou à ceux-ci qui décident de l' effectuer. C’est bien évident dans l’article 1 :

6 Trouvable sur le site de l’O.N.I.G. Osservatorio Nazionale sull’Identità di Genere (Observatoire National sur l’Identité de Genre): http://www.onig.it/drupal6/node/10.

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