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de la normalité présupposé par les paradigmes construits institutionnellement. La personne trans* n’est pas sujet de droit, mais anomalie à corriger.

La « mentalité du pouvoir » est incorporée dans les discours des personnes trans* elle-même, qui ne sont pas des victimes passives mais entre en plein dans la stratégie institutionnelle, grâce à des imaginaires partagés et des représentations conventionnelles des sexes et des genres. Cette petite exploration du texte juridique nous invite à souligner une série de dispositifs qui, avec la gestion des corps, vont mettre en pratique des politiques du genre qui cherchent à corriger les « désordres » et reproduire la rassurante dichotomie des sexes.

Cependant, des sujets « extra-ordinaires » existent, c’est le cas des « transgender », personnes qui défient la rigidité de la culture du binarisme sexuel des sociétés occidentales, en créant des corps moins catégorisables et moins sujets au contrôle hétéronormative. Le terme « transgender » s’est répandu dans le mouvement lgbt à la suite de la publication du livre de Leslie Feinberg, Transgender Liberation, en 1992. C’est un « terme parapluie » qui va inclure toutes les personnes qui s’identifient avec le genre opposé à celui leur assigné à la naissance, mais qui ne choisissent pas de se soumettre à la réassignation chirurgicale du sexe. Néanmoins, en sens général, il intègre les transsexuels et les sujets qui ont expérimenté, pendant leur vie, différents rôles de genre, en s’identifiant ni dans l’un ni dans l’autre.

Donc, les « sujets intraitables »10 ont la possibilité de conduire leurs vies seulement sous peine d’une visibilité constante de leurs corps sexués, du moment que la discordance entre leurs documents et leur apparence emmènera toujours à l’obligation d’une explication qui n’est pas nécessaire pour les sujets « normalisé ». Quelque fois, comme dans le cas de Porpora Marcasciano, activiste et vice-présidente du MIT-Mouvement d’Idéntité Transsexuelle de Bologne, où j’ai conduit ma recherche, on fait de la visibilité une style de vie, mais l’action politique est une choix, ainsi que la décision de raconter sa propre histoire. Ça n’est pas possible pour tous, surement pas pour qui ne rentre pas dans le système binaire homme/femme, pas pour qui ne rentre pas dans les mailles de l’hétéronormativité, qui prévoit seulement deux genres et une modalité exclusive de relation sexuelle.

Références

10 Comme va les définir Lorenzo Bernini dans son article sur http://www.nazioneindiana.com/2008/09/17/maschio-e-femmina-dio-li-creo-il-binarismo-sessuale-visto-dai-suoi-zoccoli-2/.

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