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1. La population rom d’Europe de l’Est en France

Le nombre :

En Europe : Environ 10 millions de Roms

En France : 10 000 à 15 000 personnes, se reconnaissant comme appartenant à la minorité rom et originaires des pays d’Europe de l’Est, vivent dans des conditions de grande précarité en squat ou bidonville. Ce chiffre est à peu près stable depuis 15 ans. Il s’agit d’une migration familiale et on peut estimer la proportion d’enfants à plus de 40%.

Les principaux foyers d’installation : l’Île-de-France (environ 3 000 personnes, dont une grande partie installée en Seine-Saint-Denis), les Bouches-du-Rhône (entre 1 500 à 2 000 personnes, dont 80 % installées à Marseille), l’agglomération lyonnaise (600 personnes), la métropole lilloise (environ 1 000 personnes dans le Nord, dont pas loin de 800 dans la métropole lilloise), l’agglomération nantaise (environ 1300 à 1500 personnes), l’agglomération bordelaise (environ 500 personnes).

Le contexte de migration :

La situation des Roms migrants ne doit pas être amalgamée avec celle des Gens du voyage : appellation administrative spécifique au contexte français qui désigne des citoyens français qui ont adopté un mode de vie itinérant, ce qui n’est pas le cas des Roms d’Europe de l’Est sédentaires depuis des générations dans les pays d’origine. Ils sont originaires de pays différents, de régions différentes à l’intérieur de ces pays, de familles différentes, etc… On ne peut donc pas appréhender les Roms comme un population homogène.

Les raisons de la migration sont souvent économiques. S’y ajoutent dans le cas des Roms les discriminations, humiliations et violences, qui persistent dans les pays d’origine et revêtent un caractère raciste.

90% des Roms migrants en France sont originaires de Roumanie et dans une moindre mesure de Bulgarie. Ils sont donc depuis 2007 citoyens de l’Union européenne et bénéficient des mêmes droits que les autres communautaires, excepté l’accès au salariat durant une période transitoire censée s’achever fin 2011 ou fin 2013. En pratique durant cette période, l’accès au marché du travail est quasi impossible alors que pour être considérés comme en séjour régulier en France au-delà de 3 mois, ils doivent prouver qu’ils disposent de ressources suffisantes. Ils continuent donc d’être l’objet de mesure d’éloignement du territoire et se voient refuser l’ensemble des prestations sociales soumises à la condition de séjour régulier.

2. La non-scolarisation des enfants roms : un phénomène massif

La non-scolarisation avant l’arrivée en France

Dans les pays d’origine : Sous les régimes communistes, tous les enfants roms étaient scolarisés (moyenne de quatre à six années). Après la chute de ces régimes, une déscolarisation progressive est observée liée à la non application de l’obligation scolaire, la perte d’emploi des parents, l’appauvrissement (qui ne permettait plus de supporter les frais liés à la scolarisation et rendait apport économique des enfants nécessaires à la survie familiale) et la discrimination des enfants roms au sein des écoles (relégués dans des classes spéciales, victimes de moqueries).1 D’où un fort taux

1 Même si l’abandon et la non-scolarisation des enfants roms en Roumanie semble s’atténuer ces dernières années, cela reste un phénomène important. Voici les chiffres retenus dans un rapport de l’Open Society Institute (Equal Access to Quality Education For Roma – Romania - Monitoring report – 2007) Proportion d’enfants roms qui ont abandonné l’école ou qui ne s’y sont jamais inscrits (en 92 et en 98).

Age

Ayant abandonné :

Ne s’étant jamais inscrit

1992 / 1998

7-10

10,1 / 1,9

11-14

24,4 / 8,6

1992 /

1998

27,9 /

15,4

17,6 /

15,8

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