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mensuelles à ce titre sont rares (Loire, Nord, Loire-Atlantique…) et, accusées de provoquer un appel d’air sur le territoire, ces aides sont menacées (nouveaux critères d’attribution illégaux, baisse des montants et des durées d’attribution).

L’impact positif direct de ces aides financières sur la fréquentation scolaire est pourtant clairement établi. Sur plusieurs départements où les droits CAF avaient été ouverts aux familles suite à l’entrée dans l’Union européenne et retirées ensuite, l’interruption des prestations s’est presque toujours accompagnée d’une déscolarisation des enfants qui sont retournés mendier dans la rue.

Les obstacles matériels

Dans les conditions où les enfants roms vivent, sur les squats et les terrains (absence d’eau et d’électricité, froid, très grande promiscuité dans les caravanes et les cabanes…), arriver à l’école tous les jours à l’heure, propre, rassasié et pouvoir faire ses devoirs le soir relève de la prouesse.

Par ailleurs, il est fréquent que les élèves se trouvent très éloignés de leur établissement scolaire, soit car le lieu de vie est excentré, non desservi par les transports scolaires, soit car les inspections d’académie ne tiennent pas compte de la distance en affectant les élèves roms : à Nantes par exemple, pour respecter le quota de 5 enfants roms par école, les enfants roms ont été dispersés dans toute la ville avec en moyenne 45 minutes (et pour certains 1h30) de transport pour se rendre à l’école. A Wimille (Pas-de-Calais), la Mairie refuse depuis plus d’un an maintenant que le bus scolaire qui passe devant le campement rom s’y arrête et les enfants auraient été déscolarisés depuis longtemps si des parents d’élèves et des bénévoles ne se relayaient pas pour venir chercher les enfants en voiture.

Le manque de moyens au sein des établissements pour l’accueil des élèves nouvellement arrivés

Les enfants roms scolarisés pour la première fois en France sont non-francophones et comme indiqué plus haut n’ont pour beaucoup jamais été scolarisés auparavant.

Deux dispositifs existent qui sont censés d’assurer leur adaptation : les élèves du CP au CM2 peuvent être regroupés en classe d’initiation (CLIN) pour un temps variable en fonction de leurs besoins ; dans le secondaire, les élèves, selon qu’ils ont été ou non scolarisés dans le pays d’origine, peuvent être accueillis dans des classes d’accueil pour élèves non scolarisés antérieurement (CLA-NSA) ou dans des classes d’accueil ordinaires (CLA). Ces classes regroupent de manière souple (pour certaines matières et avec des entrées et sorties permanentes) de petits effectifs (quinze élèves au maximum).

Or dans la grande majorité des cas, les inspections d’académie ne mettent en place aucun de ces dispositifs spécifiques et les enfants roms sont scolarisés directement en classe ordinaire, même s’ils ne parlent pas français et vont à l’école pour la première fois. Dans ces situations, les élèves roms se découragent très rapidement et les enseignants ont de leur côté beaucoup de difficulté à les intégrer dans la classe.

Ou lorsqu’il est estimé impératif que les élèves passent par ces classes d’accueil, l’accès des enfants à des places ou l’ouverture de nouvelles classes prend de nombreux mois. A Nantes par exemple l’inspection académique, plutôt que d’ouvrir de nouvelles CLA-NSA, a divisé les élèves roms qui en relevaient en deux groupes, un premier groupe a été scolarisé dès la rentrée et le second groupe a dû attendre que cette classe de transition se libère pour être scolarisé seulement sur le second semestre. A la rentrée scolaire 2009, une trentaine de jeunes roms d’âge collège sont en attente de place en CLA-NSA sur Nantes, sans perspective d’affectation rapide. A Lyon, il y a seulement 3 CLA-NSA sur l’académie et les CLA refusent l’inscription d’enfants analphabètes.

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