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4. Les conséquences de la non-scolarisation pour les enfants roms

L’apparition en France d’un phénomène d’ « enfants des rue » L’exclusion de l’école constitue, pour une partie des enfants et des jeunes roms, une réelle mise en danger. Des associations comme Hors la rue, qui interviennent dans le champ de la protection de l’enfance, alertent sur l’augmentation significative ces dernières années du nombre d’enfants roms en France qui s’inscrivent dans un processus de distanciation progressive par rapport aux institutions au profit d’activités de rue : mendicité souvent et pour certains un basculement vers des activités de travail clandestin, de petite délinquance ou de prostitution.

La perte des repères spatio-temporels Tant pour la famille que pour les enfants, la scolarisation lorsqu’elle est possible constitue un point de repère important dans le temps et un ancrage local qui permet de tisser des relations sociales en dehors de la communauté. Dans un quotidien fait de survie au jour le jour, les enfants roms qui ne vont pas à l’école ont des difficultés à se projeter dans un avenir.

L’émergence d’une génération de jeunes analphabètes en France De plus en plus d’enfants roms qui vivent en France et n’ont jamais été scolarisés ou très ponctuellement sortent aujourd’hui de l’obligation scolaire totalement analphabètes, ce qui compromet leurs perspectives d’insertion à long terme.

5. La position des institutions sur la question

Le Ministère de l’Education nationale

Une délégation a été reçue au Ministère de l’Education nationale en décembre 2008, suite à la publication du rapport du collectif Romeurope sur la situation des Roms d’Europe de l’Est en France. La teneur des propos tenus en réaction à nos interpellations nous est apparue très grave : le Ministère a interrogé la motivation des parents à scolariser ces enfants (oubliant qu’il est lui-même garant de l’obligation scolaire), émis l’hypothèse que la scolarisation était pour certaines familles un moyen détourné pour accéder à d’autres droits, posé comme préalable la question du droit au séjour des familles concernées, exprimé sa compréhension à l’égard des maires contraints d’accueillir des populations instables et qui se déplacent (alors même qu’il s’agit d’une mobilité subie du fait des expulsions) et déprécié de façon générale l’efficacité des classes d’accueil et d’initiation (y compris pour des enfants ne parlant pas français et n’ayant jamais été à l’école) et rappelé qu'aucun moyen supplémentaire ne serait débloqué dans les écoles pour ces enfants.

Les inspections d’académie et CASNAV

Si certaines inspections sont très volontaires, la plupart ne semblent pas avoir pris la mesure de leurs responsabilités face à cette situation et ne mettent pas à disposition les moyens nécessaires pour une scolarisation rapide et efficace des enfants roms (refus d’ouverture de classes, délais très longs dans l’attente d’une affectation possible…).

Plus inquiétant, certains CASNAV, échaudés par plusieurs expériences de décrochage scolaire, commencent à interroger sur les garanties de scolarisation effective des enfants avant de procéder à leur affectation. Sur le Val-d’Oise où plusieurs enfants ont été déscolarisés du fait de difficultés financières après l’interruption des prestations CAF, l’inspection de l’académie a refusé l’inscription de nouveaux élèves tant que les premiers ne réintègrent pas les établissements où ils étaient affectés.

Par ailleurs, plusieurs inspections d’académie interpellées dans des cas de refus d’inscription de la part d’une mairie n’ont pas fait preuve d’une réactivité à la mesure de la violation des droits que représentent ces refus (simple courrier ou appel téléphonique au maire généralement).

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