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Le présent ouvrage a été conçu à l'origine pour servir d'outil de ... - page 281 / 320

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223.

l'engouement des épargnants pour la Bourse et leur développement spectaculaire constitue un précieux gage de réussite à l'heure de l'ouverture du grand marché unique des capitaux.

3) La modernisation du marché financier devrait se poursuivre en liaison avec celle de la sphère réelle

La crise boursière d'octobre 1987 a conduit beaucoup de spécialistes à s'interroger sur la pérennité de la déréglementation et sur le développement des marchés de capitaux. Ainsi, même si la crise n'a pas terni la vitalité du marché financier, elle a conduit les opérateurs à agir avec plus de prudence, attitude nécessaire à un développement harmonieux des marchés.

A cet égard, il convient d'observer que la modernisation des marchés financiers nécessite une évolution parallèle de la politique monétaire et que la déréglementation financière n'est pas indépendante du fonctionnement de la sphère réelle.

Ainsi, par exemple, la création des titres de créances négociables à court terme accessibles à tous les investisseurs a permis la réalisation d'un marché unifié des capitaux allant du très court au long terme, condition nécessaire à la modernisation de nos techniques de régulation monétaire. En effet, la régulation monétaire reposait en France jusqu'en 1986 sur l'encadrement du crédit, maintes fois dénoncé pour ses rigidités et ses limites. La substitution au contrôle quantitatif d'une régulation par les taux d'intérêt, à la fois plus souple et plus efficace, n'était jusqu'alors pas envisageable dans la mesure où, aucun instrument ne permettant la transition entre marché monétaire et marché obligataire, les impulsions données par la Banque de France sur le marché monétaire ne pouvaient pas se transmettre à l'ensemble du marché des capitaux.

On évoque également la contradiction qui surgit lorsque l'on envisage la suppression des crédits bonifiés alors que perdure la réglementation des loyers, qui détermine la situation financière des organismes de HLM. D'une façon générale, la poursuite de la modernisation des marchés financiers est directement liée à l'importance accordée au jeu du marché dans les autres secteurs économiques, à commencer par la politique des changes et des prix.

On a reproché au développement des marchés de capitaux de favoriser l'investissement financier au détriment de l'investissement physique. De ce point de vue, la correction opérée à l'occasion de la crise boursière de 1987 a eu un effet bénéfique en rappelant aux entreprises que l'investissement financier comporte, lui aussi, des risques et aux Pouvoirs publics que la déréglementation a, elle aussi, des limites.

Mais face à des risques que l'on s'efforce aujourd'hui de maîtriser -par exemple en accroissant les pouvoirs des autorités de tutelle telles que la COB- le développement des marchés de capitaux présente d'incontestables avantages pour l'économie française, qu'il s'agisse du financement non monétaire du déficit budgétaire, de la désintermédiation bancaire ou encore des opportunités qu'il offre aux entreprises pour accroître leurs fonds propres.

La poursuite du développement du marché français des capitaux apparaît d'autant plus nécessaire qu'il doit aujourd'hui affronter le grand marché des capitaux avec tous les risques de délocalisation des activités

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