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‘disparues’ ou sommairement exécutées est évalué à des dizaines de milliers.7 On estime le nombre de civils tués entre 60 000 et plus de 100 000. 8

Les allégations imputant la responsabilité des massacres de civils ont été faites contre tous les belligérants.

Du côté du pouvoir en place, les forces régulières sont constituées de l'armée de terre, de l'armée de l'air et de la marine, une force anti-guérilla spéciale de 60 000 hommes, la Direction du Renseignement et de la Sécurité (DRS – renseignements militaires), la Direction du Renseignement Extérieur (DRE – contre-espionnage militaire), la Gendarmerie Nationale et la Police. Toutes ces forces comptent au total un effectif d’environ 200 000 personnes.

L'armée déploie aussi d'un certain nombre de forces irrégulières. La principale, une milice paramilitaire d'au moins 250 000 hommes,B opère pour une grande part sous le commandement de la Gendarmerie. Cette force est divisée en « groupes de légitime défense » (GLD), une force de défense territoriale, et en milices dites « patriotes », une force territoriale offensive.

Le régime en place rejette les allégations imputant à ses forces la perpétration des massacres. Il en accuse les insurgés islamistes.

Du côté des insurgés, on distingue deux organisations de guérilla nationales: l'Armée Islamique du Salut (AIS) et la Ligue Islamique de la Dawa et du Djihad (LIDD).9 S'ajoute une organisation de guérilla urbaine, le Front Islamique du Djihad Armé (FIDA), implantée principalement à Alger.10 Ces forces sont loyales à la direction du FIS.11 Elles ont observé une trêve unilatérale depuis début octobre 1997.12 Il existe aussi d'autres petits groupes d'insurgés dont la direction politique n'est pas identifiable. 13

Les insurgés islamistes accusent pour leur part le régime militaire en place de perpétrer les massacres.14 Jusqu'à leur trêve unilatérale, ils ont revendiqué d'avoir tué les membres des forces de sécurité, de l'armée et des milices. Avant 1995, le FIDA a revendiqué l'assassinat de hauts fonctionnaires. Ces insurgés n'ont jamais revendiqué d'avoir perpétré des massacres de civils.15 Ils rejettent les allégations leur imputant la responsabilité des massacres. 16

Deux autres forces sont l'objet de controverse. L'armée a été accusée d'être derrière un certain nombre d'escadrons de la mort,17 dont deux seulement sont connus: l'Organisation de la Sauvegarde de la République (OSRA) et l'Organisation des Jeunes Algériens Libres (OJAL). L'armée dément l'existence de ces forces. 18

La DRS a été accusée de déployer une force irrégulière, le Groupe Islamique Armé (GIA), l’allégation étant qu'il s'agit d'une force contre-guérilla plutôt que d’une force insurrectionnelle islamiste, idée largement répandue dans l'opinion internationale.19 Les insurgés islamistes ont une autre appréciation du GIA. Ils le considèrent une secte kharidjite infiltrée et contrôlée par la DRS.20 L’armée le dément et affirme que le GIA est une organisation terroriste intégriste.

3. Cinq explications contendantes

L’exposition publique de ces hypothèses n'étant pas égale, l'espace alloué à chaque explication sera inversement proportionnel au volume que lui ont consacré les médias dominants. Ces passages en revue ne sont que des condensés. La seule partie qui apporte de nouveaux aperçus est la section 3.3 ; un exposé cohérent sur la structure et la dynamique des clans de l'armée y est proposé.

C’est le chiffre public jusqu’en 1999. En décembre 2000, il a été révélé qu’il y a en fait 0.5 million de miliciens (voir I. Dahmani, « Le devenir des GLD », Le Jeune Indépendant, 17 décembre 2000. B

© 1999-2010 Institut Hoggar

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