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s’est tenue et a abouti à la décision commune de limoger le premier-ministre, Mouloud Hamrouche, d'arrêter les chefs politiques du FIS et de réprimer les manifestants. Depuis le coup d'Etat de janvier 1991, précédé aussi d'un conclave une semaine plus tôt, des réunions se tiennent régulièrement. Parmi les participants à ces conclaves, il y a le général-président, ses conseillers militaires, le chef d'état-major, les chefs de la DRS, de la marine, de l'armée de l'air, de l'armée de terre, de la gendarmerie nationale, les commandants des six régions militaires (RM) et les directeurs centraux du ministère de la défense. Ces derniers sont des généraux-majors et des généraux mais Addi affirme qu'en 1999, des colonels, voire des commandants, souhaitaient

assister à ces conclaves tenus dans l'illégalité.93 ces conclaves, Ali-Yahia observe:

Quant aux procédures de prise de décision dans

Les décisions importantes ne sont prises qu’après des réunions marathon, pour dégager le consensus général. Le pouvoir n’est pas celui d’un homme ou d’un clan mais de l’ensemble des clans. L’armée a plusieurs centres de décision qui ne peuvent être unifiés mais qui fonctionnent par consensus et jamais à la majorité.94

La régulation de cet équilibre a toutefois ses limites. C'est le cas, par exemple, lorsque le représentant du compromis entre les clans cherche à exercer une autorité indépendante en outrepassant son mandat de délégué de son clan et de dépositaire de ce délicat équilibre Addi note que:

Le bon fonctionnement du système suppose que le militaire désigné comme chef de l'Etat ne cherche pas à conquérir son autonomie par rapport à l'armée pour mieux s'imposer à elle. Si le président prend à la lettre son rôle constitutionnel de chef suprême des forces armées, la répartition des pouvoirs entre en crise.95

Lorsque l'équilibre interne de l'armée est rompu, les clans entrent dans un mode d'interaction conflictuel dans la mesure où chacun cherche à asseoir sa domination et/ou à contrecarrer les menaces auquel il fait face. L'intensité de la rivalité des clans fluctue en fonction des événements politiques et peut atteindre le niveau de l'hostilité armée. Elle n'est limitée que par la nécessité de maintenir une unité face aux civils toujours présents.

Les hostilités factionnelles peuvent être directes et se limiter à la sphère militaire. Promotions, affectations, purges, assassinats et tentatives de coup d'Etat motivés par les clans en sont des exemples qui sont sommairement passés en revue dans les sections 3.3.2a-c.

Ces hostilités peuvent aussi être indirectes, par le biais d'une partie tierce civile : membres ou organisations du gouvernement ou de l'opposition, organisations para-politiques, affidés des médias ou des forces paramilitaires supplétives, par exemple. Cette partie tierce civile peut aussi être des civils massacrés, comme le suggère la thèse exposée plus loin. Tous ces aspects sont examinés brièvement dans les sections 3.3.2d-g.

3.3.2a. Affectations, promotions et mises à l'écart

Les affectations et les promotions aux postes clés de commandement sont l'objet d'une compétition acharnée. La survie politique d'un clan dépend de la capacité de ses chefs à promouvoir les carrières et les intérêts de sa clientèle d'officiers ainsi qu’à conserver le commandement d'unités essentielles pour empêcher l'autre camp d'acquérir une position militaire dominante ou d'organiser potentiellement un coup.

Le coup d'Etat de 1992 avait le soutien des deux clans mais a été techniquement exécuté par les éradicateurs; il a été mené par le général Nezzar, alors ministre de la défense. A la suite de l'assassinat du président Boudiaf, la vitrine civile du régime a été confiée au clan réconciliateur: Zéroual a été nommé à la présidence en février 1994. La migration des officiers de ce clan, passant ainsi de l'armée au gouvernement, qui s’en est ensuivie a affaibli la position de ce clan dans l'institution militaire. Ce clan, se trouvant renforcé au gouvernement et par là même affaibli dans l'armée, a tenté de déloger les affidés des éradicateurs de leurs postes et de convertir son

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