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pouvoir politique plus fort en équilibre de forces moins défavorables au sein de l'armée. Si on examine la nature des mises à l'écart (« mises à la retraite anticipée ») dans l'armée entre 1992 et 1998, on note une plus grande proportion de généraux éradicateurs : Khaled Nezzar, Mohamed Touati et Larbi Belkheir en novembre 1994, Senhadji en septembre 1996, Abbas Ghezail en juillet 1997 et Said Bey en octobre 1997. On rapporte qu'en 1997 les éradicateurs ont annulé les décisions de mise en retraite anticipée d’une dizaine d’officiers de leur clan.96 Ce mouvement est à mettre en contraste avec la seule éviction, du clan réconciliateur, du général Benhadid en mai 1995. Le pendule est cependant retourné en automne 1998 lorsque des leaders du clan réconciliateur ont été écartés à leur tour: Zéroual a été contraint de se retirer en septembre 1998 et le général Betchine a été forcé à démissionner en octobre 1998.

Le profil des affectations au commandement des unités opérationnelles importantes reflète un léger progrès pour le clan Zéroual. Jusqu'en mai 1994, les 1ère, 2ème, 3ème et 5ème RM étaient sous le commandement de généraux éradicateurs – respectivement Ahmed Djenouhat, Khelifa Rahim, Said Bey et Abdelhamid Djouadi. En mai 1994, les commandements des six régions militaires ont été confiés à un groupe de généraux relativement jeunes, connus comme officiers de l'indépendance, sur la base de leurs tableaux de chasse dans la campagne contre-insurrectionnelle mais aussi de leur affiliation clanique. Les généraux pro-Zéroual, Hocine Benhadid, Fodhil Saidi

et Rabah Boughaba, ont été nommés respectivement aux 3ème

, 4ème

et 5ème

RM.97

L'affiliation

factionnelle de Belkacem Qadri, commandant de la 6ème RM n'est pas connue, pas plus que celle de Mohamed Bekkouche qui a été muté de la 4ème à la 2ème RM. Mais il est significatif que la 1 RM, vitale pour l’exécution de tout coup d'Etat, est restée sous le contrôle de la ligne dure de l'armée puisque le général Said Bey, un éradicateur à tout crin, se verra muté du commandement de la 3ème à la 1ère RM. Depuis, Benhadid sera limogé de la 3ème RM en mai 1995 au profit du g é n é r a l é r a d i c a t e u r Z o u b i r G h e d a i d i a . D ' a u t r e p a r t , l e g é n é r a l p r o - Z é r o u a l K a m a l A b d e r a h m a n ère e

héritera de la 2ème

RM au détriment de Bekkouche, en juin 1996, et Rabah Boughaba troquera la

5ème RM pour reprendre la 1ère RM – dont on sait l'importance vitale – des mains de Said Bey en pleine vague des massacres d'octobre 1997. Les éradicateurs ont cependant compensé cette perte e n p r e n a n t l e c o m m a n d e m e n t d e l a 5 è m e R M , p a s s é e s a u x m a i n s d e A b d e l h a m i d D j o u a d i . L'éventuelle affiliation clanique de Abdelmadjid Saheb, actuel commandant de la 4ème succédé au poste de Saidi, après l'assassinat de ce dernier, n'est pas connue. RM, qui a

Dans les armées affectées par le clanisme, le moyen classique de régler le problème de la compétition pour un nombre limité de postes supérieurs est de promouvoir un nombre égal d’adhérents à des grades plus élevés et de répartir les postes clés de commandement de manière à éviter qu'un camp ou l'autre n'acquière une position dominante. Eradicateurs et réconciliateurs auraient approuvé une liste commune uniquement jusqu'en 1994.98 En été et en automne 1995, les deux clans ont rejeté violemment les listes proposées par les uns ou les autres et n’ont pu s'entendre sur une liste commune d'officiers à promouvoir au grade de général et de général- major.99 La même impasse s’est reproduite en juillet 1997 et juillet 1998: les propositions de promotion ont été gelées. 100

3.3.2b. Assassinats

Le jeu des chaises musicales peut prendre la forme des assassinats. Le général Fodhil Saidi en sera la victime dans une voiture piégée, le 7 juin 1996, la veille de l'annonce publique de sa nomination comme chef du cabinet militaire du général-président Zéroual.101 Ce poste aurait fait de lui le ministre de la défense effectif. Excellent diplômé d’académie militaire et licencié en sciences politiques, le général Fodhil a dirigé la DRE (contre-espionnage) pendant le règne du colonel Chadli. Il était commandant de la 4ème RM lorsqu'il a été assassiné. Il avait soutenu la nomination de Zéroual au ministère de la défense, en 1993, et à la présidence en 1994, et avait défendu des positions opposées à l’approche exclusivement militaire de la campagne COIN. Des observateurs ont fait remarquer que les éradicateurs Lamari et Mediène craignaient que la nomination de ce

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