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La version instrumentaliste de HPI ne peut être exclue en principe. Admettre que HPI explique la structure ondulatoire c'est dire que les insurgés punissent leur base sociale pour l'empêcher de faire défection au profit du régime en place à l’aide d’une technique de dissuasion constante. En d'autres termes, la modulation de la terreur dans le temps serait, dans ce cas, destinée à empêcher

constamment les populations de passer dans le camp du régime militaire. Examinons, enfin, l'hypothèse la contre-mobilisation COIN (dénotée HCOIN

ci-après). L'armée

a le monopole de l'expertise et des moyens dans l'exercice de la force. La proposition qu'elle module les tueries prescrites par la stratégie COIN de façon à maintenir toute la société sous une terreur constante est plausible. Aucun des traits représentés sur les figures 2 et 3 ne vient exclure HCOIN. Les mêmes remarques sont valables pour l'hypothèse de la guerre des clans (désignée HGC ci-dessous). Sans autres hypothèses auxiliaires, HGC ne peut, en principe, être exclu.

Plutôt que de confronter les intentions putatives à la totalité de la structure en vagues des massacres, nous allons à présent explorer les mesures dans lesquelles elles pourraient expliquer, individuellement ou conjointement, chacune des vagues {V1, ..., V7} dont les intensités et les durées sont représentées sur les figures 2 et 3.

4.1.2. Moments des vagues de massacres

On se concentrons uniquement sur HPI, HCOIN

et HGC. Comme indiqué ci-dessus, il est probable

que les massacres relevant exclusivement du motif de privatisation des terres ne contribuent pas significativement à la fluctuation temporelle de l’activité des tueries. Il est plus probable qu'ils concourraient à cette activité s'ils sont combinés avec HCOIN et/ou HGC, mais dans ce cas les indicateurs géographiques testeraient HPT plus rigoureusement que les indicateurs temporels.

HRB étant à elle seule une explication improbable des vagues, elle ne sera pas prise en considération dans ce qui suit. Faire néanmoins l'impasse sur cette dernière hypothèse ne signifie pas que l'on doive supposer que les unités sociales comme la « famille », le « clan » ne sont pas impliquées. La guerre civile en Algérie, à l'instar des autres dans le monde, ne se déroule pas dans un vide; elle oppose, subsidiairement mais non nécessairement, diverses unités sociales (famille, clan, tribu etc.).F

Pour évaluer si l'une ou l'autre des vagues V1, ..., V7 vient corroborer ou infirmer les hypothèses HPI et/ou HCOIN et/ou HGC, nous allons passer en revue certains des événements publics concomitants, et politiquement pertinents, à ces vagues.

V1: Prenons la séquence de tueries représentée par V1 sur les figures 2 et 3. Son activité atteint son pic en juillet 1996 (figure 2) et le nombre maximum de morts est enregistré en août 1996 (figure 3). Du côté des insurgés, le seul événement public significatif est la création du Mouvement Islamique de la Dawa et du Djihad (MIDD), en juillet 1996. Du côté du régime en place, Zouabri prend la tête du GIA après l'assassinat des moines de Tibherine et le meurtre subséquent du chef du GIA, Zitouni, conséquences, à ce qu'on dit, d'un clash entre la DRS

Ce qui distingue une guerre civile d'une autre c’est moins l'implication d'unités sociales comme la famille ou le clan que les lignes e t l e s c o n f i g u r a t i o n s p a r t i c u l i è r e s d e c o n f l i t a i n s i q u e l a f a ç o n d o n t c e s d e r n i è r e s t r a v e r s e n t c e s u n i t é s s o c i a l e s . O n p o u r r a i t , à c e F t , comme suit. Pendant la guerre de libération d'Algérie, comme étant expliquée – et subsumée dans – HCOIN égard, entendre HRB

l'armée française a fait appel à des sociologues et à des anthropologues pour mettre au point des techniques de contre- organisation dans l'objectif plus large de contre-mobiliser la population contre la révolution. La campagne COIN a exploité les divisions et liaisons familiales, claniques et tribales pour entrainer la population contre le FLN. Le colonel américain McCuen note: « les Français ont expérimenté une contre-organisation similaire de la population algérienne, cherchant à bloquer les "hiérarchies parallèles" qu'ils ont vu établir par le Viêt-minh et le FLN parmi le peuple. Ils ont tenté d'amener le plus possible d'Algériens au sein d’un certain type d'organisation. Le service d'action psychologique et d'information (SAPI) de l'armée française a étudié la population pour identifier les divisions homogènes à entreprendre pour contre-organiser le peuple algérien. Un certain nombre de divisions a été possible. Par exemple, la confrérie religieuse était une organisation toute faite. Bergers, paysans et pêcheurs ont été d'autres options. Le SAPI a décidé toutefois de concentrer les efforts français sur la population rurale et plus particulièrement sur les anciens combattants, les femmes et les jeunes. Il estimait que ces segments de la société étaient décisifs dans la lutte pour le contrôle du peuple. » (Voir J. McCuen, The Art of Counter-Revolutionary Warfare, op. cit., p. 98).

© 1999-2010 Institut Hoggar

www.hoggar.org

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