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Du côté pouvoir, il y a de fortes indications d'hostilités claniques. En juin 1997, le RND, parti créé trois mois auparavant, remporte la majorité des sièges aux élections législatives. Ce parti est une façade de l'armée mais il est principalement dominé par les membres du clan réconciliateur et le général Betchine en particulier. En juillet, la libération des deux leaders du FIS, initiative des réconciliateurs de l'armée, est violemment critiquée par les partis et la presse éradicateurs. Les clans aboutissent à une impasse à propos d'une liste commune de promotions et d'affectations, habituellement annoncées pour l'anniversaire de l'indépendance. Toujours en juillet, Zéroual limoge le général éradicateur Ghezaiel du commandement de la Gendarmerie Nationale et le remplace par le réconciliateur Tayab Derradji. Hubert Védrine, ministre français des affaires étrangères et parrain des éradicateurs, se rend en Algérie. En septembre, les éradicateurs tentent de renverser Zéroual,218 et contrecarrent son initiative de dialogue en arrêtant de nouveau Abassi Madani et rompant ainsi les contacts de Zéroual avec l'aile politique du FIS ; d’autre part ils doublent leurs rivaux de l'armée en négociant un accord avec l'AIS.219 En octobre 1997, le général éradicateur Fodhil Cherif, commandant des forces spéciales anti-terroristes, critique publiquement le commandant de la Gendarmerie Nationale, le réconciliateur Derradji, un fait sans précédent dans l'histoire de l'armée. Zéroual relève le général-major éradicateur Said Bey de ses fonctions de commandant de la 1ère RM pour le remplacer par un général réconciliateur, Rabah Boughaba, de la 5ème RM. Le RND remporte une majorité écrasante des suffrages aux

élections locales truquées du 23 octobre. HGC concomitants à cette vague de massacres.

est fortement corroborée par les événements

V6: Cette suite de massacres commence en novembre 1997, atteint un pic en janvier 1998 et connaît une rémission en février de cette même année. Le mois de janvier coïncide en partie avec le Ramadhan (généralement invoqué comme preuve par les partisans de la théorie de la « purification rituelle »). Dans le camp des insurgés, la trêve est toujours respectée – depuis la première semaine d'octobre 1997 – par l'AIS, la LIDD et le FIDA, excluant donc HPI. La nature unilatérale de la trêve fait que l'on ne peut exclure HCOIN pour cette vague de tueries. Un indice pertinent à HGC réside dans la tenue des élections sénatoriales pour pourvoir les deux tiers des sièges (le tiers restant étant désigné par Zéroual). Le RND est vainqueur puisqu'il détient 80 des 92 sièges, accentuant ainsi la main mise des réconciliateurs sur le gouvernement.

V7: Cette série d'atrocités commence en mai 1998, atteint son paroxysme en août et reflue en octobre de la même année. La trêve de l'AIS, la LIDD et le FIDA est toujours en vigueur. En mai 1998, l'affaire des milices de Relizane met au grand jour la guerre des clans sur le contrôle des milices. Le général réconciliateur Betchine est élu au bureau politique du RND, initiative interprétée comme un pas vers sa candidature aux élections présidentielles de l'an 2000. En juin 1998, la presse éradicatrice lance une série d'attaques contre Betchine et Zéroual, accusant le premier de corruption et de violations de droits de l'homme. En juillet 1998, la guerre des médias connaît une escalade lorsque la presse contrôlée par Betchine critique à la fois les généraux éradicateurs et la presse éradicatrice. Aucune promotion ou affectation des officiers de l'armée n'est annoncée à l'anniversaire de l'indépendance, le 5 juillet. En août 1998, les hostilités médiatiques s’intensifient davantage lorsque des allégations précises contre Betchine paraissent dans la presse: l'affaire Ali Bensaad, l'affaire Benboualia etc.220 Le parti RND riposte en orchestrant des campagnes de soutien au général Betchine. Dans la première semaine de septembre, la presse aux ordres de Betchine contre-attaque en accusant les dirigeants de la faction éradicatrice (les généraux Belkheir et Nezzar). Belkheir est accusé d'avoir été le mouchard du secrétaire de Mitterrand et les deux généraux sont incriminés pour avoir mis sur pied des centaines d'escadrons de la mort au lendemain du coup d'Etat de janvier 1992. A la suite de cette crise se tient un conclave à l'issue duquel Zéroual est contraint à la démission. En octobre 1998, Betchine subit le même sort de son poste de conseiller militaire du président. La concomitance de tous ces événements avec cette vague de massacres suggère qu’elle est, en grande partie, engendrée par la guerre des clans (HGC).

© 1999-2010 Institut Hoggar

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