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massacres comme le montrent les figures 4 et 5? On pourrait arguer que, selon les travaux de Merloo sur la manipulation psychologique par les agences politiques, le contrôle d'une population peut être obtenu plus efficacement en utilisant des vagues de terreur entrecoupées d'accalmies: les « intervalles de liberté relative et d'absence de tension manifeste peuvent être mieux exploités pour la persuasion politique et de l'hypnose collective si une nouvelle vague de terreur est anticipée. »221 Les données n'excluent donc pas HCOIN.

On peut se demander pourquoi la vague de massacres associée aux élections locales d'octobre 1997 est plus intense que celles observées lors des scrutins antérieurs. La vague présentée sur la figure 4 est en réalité une composante de la vague V5, plus étendue, montrée sur la figure 2. Etant donné que les hostilités claniques au sein de l’armée sont corrélées à la vague V5, on peut raisonnablement penser que l'intensité accrue de la vague des massacres associée aux élections d'octobre 1997 est engendrée par l’intention hybride HCOIN + HGC.

4.3. Géographie politique des massacres

Parmi toute la diversité des macro-indicateurs géographiques générés par Ait-Larbi et coll. nous limiterons cette analyse à ceux de la géographie politique des tueries.

Les auteurs ont caractérisé les identités politiques des wilayas victimisées et examiné la relation entre ces identités et leurs degrés de victimisation respectifs. Cette analyse s’est faite sur la base des résultats des élections locales de juin 1990 et du scrutin législatif de décembre 1991 en guise d'indicateurs d'identité politique.H Ils ont argué en outre que, puisque ces élections se sont tenues avant le coup d'Etat de janvier 1992 et qu'elles n'auraient pas été entachées de trucage ou d'intimidations, ce sont des indicateurs politiques plus fiables.

Pour les deux élections – locales de juin 1990 et législatives de décembre 1991 – les auteurs ont noté une régularité frappante. Plus l’allégeance d’une circonscription au FIS est forte, plus son degré de victimisation est grand. A l'inverse, plus forte est l’allégeance d’une circonscription au FLN, plus faible est son degré de victimisation.

Ces régularités s’appliquent à la plupart, mais pas à toutes, des wilayas du territoire. Ait-Larbi et coll. ont montré que ces deux généralisations ne tiennent pas pour certaines wilayas. Ils estiment que certaines des exceptions pourraient s'expliquer par le fait que les données sur les tueries sont déformées. Mais, plus important encore, ils suggèrent que l’allégeance politique au FIS ou au régime n'est qu’un seul facteur de victimisation déterminant, en compétition avec d’autres variables telles que la densité de la population, la géographie militaire et la géographie économique.

Pour exposer la tendance dominante (mais pas exclusive), la relation entre l’allégeance des circonscriptions au FIS/FLN et la victimisation a été examinée au niveau des classes de wilayas de degrés de victimisation comparables. Une analyse par classes de wilayas de victimisations comparables, par contraste à une étude par wilayas prises individuellement, revient à faire une sorte de calcul moyen.

La figure 6 montre les pourcentages des municipalités en faveur du FIS, et du FLN et RCD en fonction du degré correspondant de victimisation. Ce graphique a été obtenu en faisant une partition des wilayas en 6 zones. La zone 1 comprend les wilayas touchés par plus de 50 massacres, à savoir Alger, Blida et Médéa. La zone 2 incorpore les wilayas où il y a eu plus de 20 et moins de 50 massacres – Tipasa, Ain-Defla, Tlemcen, Tiaret et Saida. La zone 3 couvre les wilayas où ont été perpétrés plus de 10 et moins de 20 massacres – Relizane, Sidi Bel Abbes, Tizi-

La même analyse a été faite à partir des résultats des scrutins de juin 1997 et d'octobre 1997. Les auteurs ont présenté des preuves convaincantes que, dans ces cas, les conclusions tirées de ces indicateurs sont défecteux en raison du trucage de ces deux élections. H

© 1999-2010 Institut Hoggar

www.hoggar.org

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