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création la cible permanente d’entreprises d’intimidation, de division de leurs rangs et de corruption de leurs dirigeants, dans le but d’éliminer toute forme d’expression revendicative.

En effet, le maintien de l’ordre politique passe par l’émiettement de toutes les contestations et la vassalisation de tous ceux qui prétendent se poser en tant qu’interlocuteurs responsables. La démarche est constante dès les premiers jours de l’indépendance. Il est significatif à cet égard d’observer que le premier congrès de l’UGTA, en janvier 1963, a été la première victime de cette stratégie de mise en coupe réglée de tous les acteurs sociaux. Les délégués au congrès ont été arrêtés pour permettre à des individus relevant des appareils sécuritaires de tenir le congrès à leur place et d’« élire » une direction choisie par le pouvoir. Aucune structure ne doit exister en dehors de celles qui sont au service du régime.

Comme ce fut le cas juste après l’indépendance, l’élimination du champ social de toute organisation autonome par rapport au pouvoir réel, c’est-à-dire les chefs du DRS, est la préoccupation constante des dirigeants algériens depuis la fin de la brève période d’ouverture démocratique entre novembre 1988 et juin 1991. Derrière une façade institutionnelle destinée à la consommation externe, le système politique algérien est une dictature dont les leviers exclusifs sont la rente pétrolière et un appareil répressif omniprésent.

Une dictature masquée

Cette dictature militaro-policière se camoufle derrière des institutions qui, de la justice au Parlement en passant par le président de la République, ont une existence formelle mais qui ne sont nulle part et ne constituent à aucun moment des cadres d’autorité effective ni des centres de régulation politique. Sans substance, animées tant bien que mal par un personnel coopté, elles ne s’avèrent en définitive que les courroies de transmission des directives du groupe effectivement dirigeant. Issues d’élections frauduleuses, soigneusement mises en scène, les institutions croupions ne doivent leur existence qu’à la nécessité de se conformer au modèle qui rassure les Occidentaux, principaux partenaires étrangers, soucieux d’un minimum de formalisme.

De fait, la gestion du pays est entre les mains d’un groupe d’individus au sommet des appareils sécuritaires, qui n’apparaissent pas sur la scène politique officielle et ne rendent de comptes à personne. Cette dictature « honteuse » ne peut tolérer, pour durer, la moindre

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