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Aujourd’hui, dans un pays qui se targue de sa santé financière, exclusivement due à la rente pétrolière, la moitié de la population vit en deçà du seuil de pauvreté. L’affairisme des clientèles du régime et la corruption aux niveaux les plus élevés des hiérarchies de pouvoir sont facilités par l’affaiblissement des structures de l’État et le désordre entretenu par ceux-là mêmes qui dirigent l’appareil répressif. L’ajustement structurel et la pression sur les salaires ont frappé de plein fouet les fonctionnaires de tous les secteurs et les travailleurs en général. L’éducation et la santé ont notamment payé au prix fort la thérapie à courte vue et globalement inopérante du FMI.

Ce recul social – relégué au second plan par la « sale guerre » conduite contre la population dans les années 1990 par les chefs de l’armée et du DRS, au prix de 200 000 morts – n’est aujourd’hui combattu que par les syndicats autonomes. L’UGTA, ancienne organisation de masse du parti unique, caporalisée dès les premiers jours de l’indépendance par la police politique, n’est plus qu’un instrument, totalement discrédité, de contrôle social. Privée de toute représentativité, dirigée par des hommes notoirement impliqués dans des scandales financiers, la vieille centrale est l’ombre spectrale du syndicat fondé le 24 février 1956 par Aïssat Idir.

L’UGTA, l’un des rarissimes syndicats au monde à avoir approuvé un programme d’ajustement structurel du FMI, n’est plus qu’un sigle commode, convoqué par le gouvernement pour figurer l’illusoire « adhésion des masses laborieuses » aux gesticulations d’une « Algérie Potemkine » cachant de plus en plus difficilement la réalité de la dictature. Les sections combatives qui subsistent encore sont laminées par les coups de boutoir de la direction nationale de l’UGTA, qui les fragilisent en leur ôtant la protection syndicale et les offrent comme victimes expiatoires à l’administration.

Les syndicats autonomes sont aujourd’hui les seules organisations qui défendent les travailleurs, les seules qui échappent à la mainmise de la police politique. Les mouvements sociaux dans la fonction publique ont démontré les capacités de mobilisation des syndicats libres et la limite des capacités d’intimidation de la police politique. Arrestations arbitraires, gardes à vue illégales de militants syndicaux alternent avec les fermetures de locaux, toutes les formes de brimades et de harcèlements.

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