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Je viens de parcourir sans encombre la distance qui sépare Tananarive de la capitale du Betsiléo, mais non sans avoir eu beaucoup de peine pour conserver mes porteurs, que l’ombre seule des fahavales remplissait de crainte. Toute la région d’Ambositra et d’Ambatolampy en est, en effet, infestée. On a procédé au désarmement de tout le pays, mais on a omis d’enlever leurs fusils à ces messieurs qui s’en servent pour répandre partout la terreur, et cela d’autant plus impunément qu’ils savent leurs proies sans défenses.

Tout le pays Betsiléo, tant pressuré par les Hovas, a accueilli, vous n’en pouvez douter, avec une joie non dissimulée notre entrée. Il espère que nous lui apporterons enfin quelque protection contre ses oppresseurs : cette population si tranquille et si sobre ne demande qu’à se remettre au travail pour réparer les exactions sans nombre dont elle a été victime. Voilà les vrais alliés du protectorat, si nous savons nous les attacher !

Nous sommes surpris de n’avoir encore ici aucun représentant de la France. Il semblerait que ce fût cependant le premier poste à pourvoir, et tout le monde s’attendait au retour de notre ancien résident qui avait laissé, ainsi que Mme Besson, de si vivants et si sympathiques souvenirs. On l’immobilise à Tamatave, où un simple chancelier aurait suffi pour l’expédition des affaires, la ville étant toujours en état de siège, alors que sa présence ici, avec sa connaissance du pays et de ses habitants, aurait été si nécessaire et si salutaire.

Ces temps derniers les capitaines Aubé et Girod, accompagnés de Marc Rabibisoa, l’ancien fameux secrétaire du non moins fameux premier ministre, ont parcouru toute la région, chargés d’une mission politique et militaire. Leur passage a produit une excellente impression ; mais ils sont retournés à Tananarive et personne ne les a remplacés.

Bien plus, le gouverneur hova vient d’être invité à rentrer dans la capitale, où les autorités françaises vont lui demander des comptes sur son administration. Si l’enquête est faite d’un peu près, il aura un mauvais quart d’heure à passer, comme beaucoup de ses collègues, dont le tour viendra, il faut du moins

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