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Après la prise de Tananarive, les populations Betsimisaracs de la côte se sont imaginées qu’on allait en finir avec les Hovas et qu’il leur était loisible de les massacrer. Le souvenir des souffrances qu’elles avaient endurées, particulièrement sous l’administration de Rainisolofo, gouverneur de Mahanoro, était encore trop présent à leur mémoire pour ne pas expliquer dans une certaine mesure ce léger mouvement insurrectionnel. De fait, les révoltés ont consciencieusement accompli leur besogne ; ils se vantent d’avoir exterminé tous les Hovas de la région de Vatomandry et de Mahanoro. Nous ne pouvions tolérer pareils excès ; notre résident, le docteur Besson, est parti pour Mahanoro et, grâce à sa parfaite connaissance de la langue et des habitudes malgaches, il est arrivé sans peine à procéder au désarmement des indigènes. Il a fallu tirer quelques coups de fusils à Vatomandry et l’on a eu à déplorer en cette circonstance la mort d’un jeune colon norvégien, M. Engh, employé de la maison Procter. Mais on peut dire que M. Engh est mort victime de sa propre imprudence. Devançant le bataillon français, il s’est précipité seul dans la brousse à la poursuite de l’ennemi ; deux jours après on a retrouvé son cadavre.

Les communications avec Tananarive ont repris comme avant la guerre ; on a établi des postes de Haoussas tout le long de la route ; le colonel Gonard est à Andevourante et le capitaine David à Béfourne ; mais, devant l’affluence des colons, les bourjanes ont augmenté leur prix et il ne faut pas compter maintenant moins de quatre à cinq piastres (20 à 25 fr.) par personne engagée pour monter à la capitale. Encore prévoit-on que ces prix augmenteront encore lorsque M. Laroche et son nombreux personnel – trop nombreux peut-être – auront recruté leur convoi et qu’il faudra faire monter les cargaisons de chaux hydrauliques et munitions de guerre récemment débarquées par le Pérou.

On prête à l’administration l’intention de vouloir établir un port à Andevourante, à l’embouchure de la rivière l’Iaroka, et l’on a déjà procédé à des travaux pour reconnaître la profondeur du fleuve. Si ce port pouvait être créé, les communications

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