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porter ombrage aux Hovas ; diriger ce peuple par de sages conseils dans la voie du progrès ; ne rien faire qui puisse rouvrir les hostilités.

Le Livre jaune étant muet sur l’administration ultérieure de M. Le Myre de Vilers, nous imiterons la même réserve et la même discrétion.

Les documents qui suivent nous reportent à l’année 1891, au milieu des difficultés soulevées par l’exequatur qu’il s’agissait d’accorder à M. Tappenbeck, consul d’Allemagne, et à M. Campbell, consul des États-Unis. Le premier ministre consentait bien à recevoir leur demande de la main de notre résident général, mais il se refusait obstinément à répondre par son intermédiaire. M. Ribot conseilla de laisser la discussion ouverte, « en vue de prévenir un incident dont nous ne serions plus maîtres de mesurer les conséquences ». Suit un intervalle de deux ans. La question d’exequatur n’a point été réglée ni par M. Bompard ni par Lacoste ; mais des dangers autrement graves rappellent notre attention. Le premier ministre fait de grandes commandes d’armes en Europe et menace de reprendre la ligne télégraphique qui fonctionne entre Tananarive et Tamatave ; il veut nous isoler dans l’intérieur de l’île. M. Larrouy fait des remontrances ; le premier ministre répond que les armements ont pour but de réprimer le banditisme des fahavales ; il ajoute au surplus qu’il a le droit de faire tels armements qu’il lui convient ; il finit enfin par ne plus répondre.

La guerre devenait inévitable. Notre gouvernement pensa pouvoir la conjurer en renforçant la garnison de Diego-Suarez et en surveillant plus étroitement les côtes pour empêcher tout débarquement d’armes. Ces mesures n’eurent aucune influence sur les dispositions du gouvernement hova, qui s’obstina à envisager la perspective d’une action énergique de la France à Madagascar comme fort éloignée et invraisemblable. Mettant les choses au pis, le premier ministre « espérait que, grâce à ses armements et aussi aux difficultés qui s’opposaient à la marche d’une armée européenne sur Tananarive, il parviendrait peut-être à vaincre nos efforts et, dans tous les cas, à les lasser ».

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