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un travail ou d’accomplir une prestation, dans un but d’utilité publique.

Par sa répartition inégale et arbitraire, elle est devenue, en maintes circonstances, un fardeau insupportable pour les habitants. Ainsi pratiquée, elle a fini par mettre obstacle à tout travail régulier et rémunérateur.

Nous ne saurions, toutefois, nous dissimuler les inconvénients qu’il y aurait à tenter de supprimer ou de modifier radicalement, dès le début de notre protectorat, une institution qui, malgré ses défectuosités, est si profondément entrée dans les mœurs et les habitudes du pays. Il suffira, pour le moment, d’en empêcher les abus, d’en ramener l’emploi au but d’utilité générale, qui a été son principe, et d’en répartir équitablement la charge entre les contribuables. Sous certains aspects, elle est une sorte d’impôt, dont nous ne pouvons recommander l’abolition avant que le gouvernement hova soit en mesure d’y suppléer d’une autre manière.

La question de l’esclavage, qui est avec la corvée une des bases de l’organisation sociale de Madagascar, s’impose encore plus impérieusement aux préoccupations du gouvernement.

Des nombreuses observations qui ont été recueillies, il résulte que l’esclavage revêt, à Madagascar, un caractère particulier qui le différencie sensiblement de l’esclavage africain ; il a cessé, en fait et en droit, de s’alimenter par la traite, et, en règle générale, il ne se perpétue que par les naissances d’enfants issus de femmes esclaves. Dans la pratique, il paraît être devenu une sorte de servage domestique ; on s’accorde aussi à reconnaître que les Hovas sont doux et humains envers leurs esclaves, et que la condition de ces derniers n’est point matériellement malheureuse.

Ces considérations de fait ne sauraient, malgré tout, nous faire oublier l’immoralité de cette institution et les inconvénients qu’elle pourrait avoir pour le développement ultérieur de la colonisation française dans la grande île. Les principes de notre civilisation et nos traditions nationales exigent que l’esclavage disparaisse d’une terre soumise à

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