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pays.

Les rédacteurs du traité voulaient donc – et voulaient résolument – fonder sur les bases du protectorat l’organisation future de Madagascar. Les raisons qui les ont conduits à adopter ce système ont été souvent répétées. Elles sont devenues presque banales. Il faut pourtant les indiquer encore.

Si l’expédition militaire s’est faite de la côte à la capitale et s’est proposé un objectif unique vers lequel se sont dirigés tous nos efforts, c’est apparemment que cet objectif avait une importance décisive. Tananarive, en effet, est non seulement le centre géographique et le point culminant, c’est, en même temps, la capitale du seul gouvernement existant en réalité dans l’île. Que l’on compare, par exemple, la campagne de Madagascar à celles qui se sont succédé au Soudan ; devant nos troupes, des chefs nomades fuient sans cesse ; toujours battus, ils échappent toujours. Aucun point où les saisir, où achever la guerre, d’où faire rayonner la paix sur un pays inorganique, que nos armées traversent comme un navire court sur l’Océan. À Madagascar, au contraire, tout le monde savait, au départ, qu’à moins que l’expédition elle-même ne portât un coup mortel au gouvernement existant et que l’île ne vînt par là, pour notre plus grand malheur, à tomber dans l’anarchie et dans le chaos, l’occupation de Tananarive serait la fin de la campagne, et que l’ordre de pacification générale parti de là serait entendu et obéi partout.

Eh bien ! ce qui est vrai de la guerre est vrai de la paix. Un gouvernement existe à Madagascar. Il fonctionne ; il assure, dans des conditions rudimentaires peut-être, mais il assure, en somme, l’ordre et la paix publique. Qui ne voit que se substituer à ce gouvernement, c’est provoquer indirectement le malheur que l’on appréhendait, à savoir mettre le désordre et l’anarchie la plus coûteuse à la place d’un régime qui a, du moins, le mérite de s’être adapté lui-même, rien qu’en vivant, aux nécessités de l’existence dans la contrée ou il s’est développé ?

Or, ce gouvernement a son principal établissement dans une capitale d’où son autorité s’étend jusqu’aux extrémités

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