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colonne volante qui l’a conduit en quinze jours à Tananarive, il n’avait qu’une appréhension, – ses lettres en font foi, – c’était de ne pas trouver dans la capitale un pouvoir régulier capable de signer la paix. Si le gouvernement indigène eût disparu ou se fût effondré, c’est alors que les difficultés les plus grandes se fussent accumulées devant l’armée victorieuse, puisqu’elle se fût trouvée sans vivres, sans communications, à la veille de la saison des pluies, dans un pays perdu, livré à l’anarchie et à la destruction. Or, un gouvernement régulier a souscrit, en quelques heures, le traité qui lui était présenté, et l’on se plaint ! On se réjouissait, hier, de la paix conclue si rapidement, et on laisserait protester la signature du capitaine qui l’a imposée !

« Mais on a traité avec la reine de Madagascar. Pourquoi lui reconnaître ainsi une autorité s’étendant sur l’île tout entière, alors qu’il est avéré que certains territoires ne sont pas placés sous son autorité ? » – Singulier raisonnement ici encore. Quoi ! l’unification de l’île est assez achevée pour que vous puissiez, par une seule phrase, vous assurer, sans conteste, la possession légitime de tout le pays. Cette unification, elle a été proclamée par vous-mêmes dans tous les traités antérieurs. Elle a été reconnue, dans des actes authentiques, par les puissances étrangères. Vous n’aurez plus à traiter désormais avec tel ou tel principicule de la brousse ou de la forêt. Tout vous appartient, d’un consentement unanime ; et vous prendriez à tâche de relever ces barrières, ou plutôt vous vous imposeriez la mission de tracer ces frontières qui n’ont jamais existé, tout cela pour refuser à une reine, qui vous est subordonnée, un titre qui, maintenant, ne sert plus qu’à vous-mêmes ! Ce gouvernement est le maître incontestable de tout le plateau central et de la périphérie de l’île. Vous êtes le maître de ce gouvernement, et c’est ce moment que vous allez choisir pour lui contester des droits que vous lui avez toujours reconnus et que reconnaissent avec vous à votre profit, toutes les puissances étrangères ! Depuis que l’Angleterre s’est acquis les droits de la Birmanie, elle ne songe nullement à les restreindre, mais à les développer sans cesse : si on l’en croyait ils engloberaient l’Asie entière.

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