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Mais surtout, mon très cher Frère, continuez cette oeu­vre admirable de la moralisation, par la religion, des gé­nérations qui arrivent; ce sera à vous que l'on devra le repos et le bien-être réservés, je l'espère, à ceux qui viendront après nous.

Je vous prie d'agréer, mon très cher Frère, tous mes sentiments les plus distingués et les plus affectueux.

Baron de Crouseilhes,

Ministre de l'Instruction Publique et des Cultes.

L'autorisation accordée, le Frère François fit élever, en signe de reconnaissance, deux statues à la Sainte Vierge et à saint Joseph, érigées, la première dans la cour Sainte­-Marie, la seconde dans la cour intérieure de la Commu­nauté. La Congrégation devint alors si florissante qu'en 1854 quelques novices durent, faute de place, coucher au grenier, sur un lit de paille.

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*   *

Il manquait encore à l'Institut des Petits Frères de Marie l'approbation de l'Eglise. Tant qu'il ne l'avait pas reçue, il ne représentait qu'une congrégation diocésaine. Le Frère François désirait l'obtenir de Pie IX pour assu­rer à l'enseignement donné par ses Frères une large dif­fusion.

Il mit sept années à en préparer la demandé et, pour présenter à Rome une institution cohésive, ferme, sur des assises bien équarries, il commença par convoquer un Chapitre Général. Ce fut le second en date, qui se tint à l'Hermitage. Il comporta trois sessions.

La première s'ouvrit le 29 mai 1852. Les règles com­munes y furent codifiées, après une fusion opérée entre les règles précédentes déjà rassemblées par le Père Cham­pagnat et un certain nombre d'usages qui commençaient à former une tradition parmi les Frères. Cet ensemble de commandements et d'observances constitue la Règle. Elle donne au Frère François l'occasion d'adresser aux mem­bres de son Institut, le 1ier janvier 1853, une lettre qui compte parmi les plus belles qu'il ait écrites. Elle était envoyée pour inviter ceux qui allaient la recevoir à une méditation constante du précieux document; mais, à la vérité, cette lettre elle-même pouvait faire, ligne à ligne, le sujet d'une méditation. Elle est une longue exaltation de la Règle. Elle doit, pour ainsi dire, proclame le Supé­rieur, «occuper toutes les puissances de notre âme et toutes les facultés de notre corps». Il la présente dans les termes mêmes par lesquels Moïse offrait aux Hébreux les Tables de la Loi : «Je vous propose, dans ce livre, la vie ou la mort; la vie, si vous vous conduisez selon les pré­ceptes qu'il vous donne; la mort, si vous les méprisez, si vous les violez. » Le Frère François est un chef. Il parle en chef, mais en chef religieux. Les avis y sont paternels. Le cœur y assouplit la rigidité des ordonnances. Il rappelle à ses Religieux qu'ils sont, selon le mot de saint Jérôme, << les fleurs de l'Eglise ». Il rappelle à leur propos l'excla­mation de saint Bernard: «Quel nom leur donnerai-je ? Faut-il les appeler des hommes célestes ou des anges ter­restres ? » Il s'écrie lui-même : «Rien de plus grand, rien de plus excellent, mes Très Chers Frères, que la profession religieuse. L'état religieux, nous disent les Saints, est une philosophie toute divine; c'est la perle de l'Evan­gile, c'est l'échelle de Jacob, c'est le paradis de la terre, c'est le port du salut, c'est une vie toute céleste. » Il ajoute : «C'est en méditant assidûment notre Règle que nous connaîtrons combien Dieu nous a aimés en nous retirant du monde, où notre vertu eût fait un triste nau­frage, et en nous appelant à la vie religieuse, où nous sommes délivrés des soucis et des embarras du siècle, et où nous n'avons d'autre chose à faire qu'à aimer Dieu, le servir, sauver notre âme et travailler à notre perfection ; en nous appelant à une vocation qui nous honore devant les hommes, qui nous rend semblables aux Anges et nous fait les amis et les favoris de Jésus-Christ; combien il nous a aimés en nous donnant tant de moyens de salut, en nous rendant la pratique de la vertu si facile et en nous mettant, en quelque sorte, dans l'impossibilité de violer sa loi et de nous perdre. »

La deuxième session commença le 16 mai 1853. Elle fut plus spécialement consacrée à la méthode d'enseigne­ment contenue dans le Guide des Ecoles, qui reçut alors une forme définitive. Ce livre d'or fut publié le 2 juillet suivant. Dans une lettre préface, le Frère François y cé­lèbre les enseignements du Père Champagnat. Il insiste sur la méthode de lecture, les qualités et l'esprit d'une bonne discipline, une discipline préventive, la meilleure façon de faire le catéchisme, la nécessité du chant, la mé­thode d'enseignement qui est, de préférence, celle de l'en­seignement simultané et mutuel.

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