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La troisième et dernière session débuta le 1ier mai 1854. Elle fut consacrée à l'étude approfondie des Constitutions et des moyens de gouvernement. Le Directeur de l'Institut reçut le titre de Révérend Frère Supérieur Général. A cette occasion, un troisième Assistant fut nommé, le Frère Pascal, chargé plus spécialement de la direction de la Province du Nord et des districts des Iles et de l'Ouest qui en dépendaient.

Par une lettre du 21 juin 1854, les membres du Cha­pitre Général adressent à tous les Frères de l'Institut les textes qu'ils viennent d'examiner et d'arrêter : la Règle, qui fait le bon religieux; le Guide des Écoles, qui fait le bon instituteur; les Constitutions, qui font le bon, gou­vernement. Ils les adressent comme le dépôt sacré laissé par le Père Champagnat, à charge par eux de le trans­mettre aussi pur qu'ils l'ont reçu et en recommandant à chacun d'être moins un maître qu'un père et moins le représentant de leur premier père que son imitateur.

La Congrégation est alors dans un état de prospérité toujours croissante. En 1855, quinze ans après la mort du Fondateur, seize ans après l'élection de son succes­seur, quarante ans après sa naissance à La Valla, elle compte cinq noviciats : Notre-Dame de l'Hermitage, Saint-Paul-Trois-Châteaux, La Bégude aujourd'hui Au­benas, Beaucamps, Hautefort aujourd'hui Lacabane.

Cette même année, cent soixante postulants prennent l'habit et trente maisons nouvelles sont fondées. Dans une lettre du 2 juillet 1855, sur l'envoi d'un manuel de piété et les avis qui l'accompagnent, le Frère François peut écrire avec satisfaction : «Aujourd'hui l'Institut est tel que le bon Père l'a fondé et l'a laissé en mourant, c'est­-à-dire qu'il a le même esprit, le même but, les mêmes règles, le même gouvernement. Ces règles, ce gouverne­ment se sont perfectionnés, généralisés, mais les dévelop­pements qu'ils ont pris par la nature des choses, avaient été prévus et préparés par notre vénéré Père; les principes qui les constituent et l'esprit qui tes anime sont toujours ses principes et son esprit. »

Le 2 septembre 1855, un quatrième vœu est ajouté aux précédents, celui de stabilité.

La multiplication extraordinaire de la Société s'affirme en 1856, année au cours de laquelle dix-huit maisons nouvelles sont fondées, et en 1857, qui vit naître encore vingt-cinq établissements.

Telle est alors la faveur dont jouissent les Petits Frères de Marie qu'à la Prugne, dans te diocèse de Moulins, on voit le curé de ta localité, l'abbé Querry, aller coucher sur un grabat dans une maison en ruines, pour permettre aux Frères d'installer une école dans le presbytère qu'il met à leur disposition.

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Il restait maintenant à obtenir de Rome l'approbation religieuse qui, comme nous l'avons dit, solidifierait l'Institut et en favoriserait l'expansion.

Le 6 février 1858, le Frère François se mit en route avec le Frère Louis-Marie. Sur rapport du cardinal Bar­nabo, leur requête fut accueillie avec bienveillance. Il est vrai que la Congrégation peut déjà se réclamer d'un ef­fectif imposant : mille six cent soixante-cinq Religieux et trois cent trente-six maisons réparties sur vingt-cinq diocèses de France ou de l'étranger. Aussi, le 9 mars, le Pape dit au cardinal Barnabo combien son attention est attirée par une demande signée de vingt-six évêques. Et, le 15 avril, il ajoute encore qu'aucun institut ne lui a été présenté avec un aussi grand nombre de recomman­dations autorisées. Mais visites et démarches se prolon­geaient sans que le Supérieur obtint satisfaction aussi vite qu'il le désirait.

Ses réserves de patience lui furent alors d'un grand secours. D'ailleurs, il remplissait activement et sainte­ment ses journées. II fut plusieurs fois reçu par le Pape et le souvenir qu'il garda de ses entrevues lui resta lu­mineux jusqu'à la fin de ses jours. Il visitait les églises de Rome et notait minutieusement sur ses carnets les im­pressions qu'il recevait de ces divers sanctuaires. Le Frè­re Louis-Marie dut regagner l'Hermitage avant lui, mais, encore qu'il fût seul, il n'était pas une démarche au cours de laquelle il ne portât dans son cœur toute sa Congréga­tion. II écrira : «Je puis dire que chacun y a participé, car dans les diverses stations et les pieux pèlerinages que j'ai faits, aux basiliques et autres lieux célèbres de cette capitale de la catholicité, j'avais en esprit avec moi tous tes Frères avec leur nombreuse famille d'enfants et je les offrais et les recommandais tous au Seigneur, à la très Sainte Vierge et aux Saints à qui les églises que je visitais étaient consacrées ou dont j'avais l'avantage de voir et de vénérer les reliques insignes.» Il ne manque pas d'ajou­ter cette profession de foi : «N'oublions jamais que nous sommes appelés à un état de sainteté et de perfection et que nous devons être saints dans toute la conduite de notre vie comme celui qui nous a

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